Port Arthur Historic Site.

Source : © Departmnent of the Environment water Heritage and the Arts.

Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO (World Heritage) depuis 2010, le site de la colonie pénitentiaire de Port Arthur constitue un des onze sites du Australian Convict Sites World Heritage Property. Ce pénitencier a accueilli des forçats à partir de 1830. Suite à sa fermeture en 1877, Port Arthur devint une ville et fut rebaptisé Carnavon. Mais malgré tout le soin apporté pour effacer les stigmates de son passé pénal, le lieu devint rapidement très touristique, attirant de nombreux curieux venant du monde entier avides de découvrir les vestiges de la colonie pénitentiaire. Dès 1916, Port Arthur fut classé réserve pittoresque (Scenic Reserve) et un programme de gestion professionnelle de conservation fut mis en place en 1980. Ce programme reposait sur une collaboration entre archéologues, architectes, historiens et ingénieurs. Aujourd'hui, l'équipe de conservateurs du site poursuit cette mission de valorisation et de conservation de ce précieux patrimoine. La gestion des sites de Port Arthur et de Coal Mines est dévolue au Port Arthur Historic Site Management Authority (PAHSMA) qui assure actuellement plusieurs importants programmes de restauration.

Les textes de cette exposition sont issus de la traduction de ceux visibles sur le site du Port Arthur Historic Site, du Port Arthur. Visitor Guide, 2010 et de l'ouvrage Port Arthur, the Australian Convict Experience (John Hanstein, VISIT Merchandise).

Le pénitencier.

Source : © Departmnent of the Environment water Heritage and the Arts.

L'occupation du site de Port Arthur débute en 1830, avec l'installation d'une exploitation forestière dirigée par le médecin adjoint John Russel. La main-d'oeuvre était constituée de bagnards issus de l'exploitation forestière de Birch's Bay et ils étaient astreints à l'abattage des immenses eucalyptus de la péninsule tasmanienne. En 1833, l'exploitation comtait 33 bagnards et 16 soldats pour les surveiller. Mais d'une petite exploitation forestière, Port Arthur allait rapidement devenir le pénitencier le plus important d'Australie.

Emplacement des premiers barraquements des forçats (1830-1890).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Les bagnards étaient initialement logés dans des huttes en bois. Mais à partir de 1842, la population pénale de Port Arthur s'élèvait à 1 200 bagnards et à près de 100 soldats. Suite aux fermetures d'autres sites (comme Macquarie Harbour) et à l'introduction du système de probation décidé par la commission Molesworth en 1841, le nombre des forçats augmenta fortement dans la péninsule. En plus de voir ainsi ses effectifs augmenter, Port Arthur changea de destination : il devint à partir de 1833 un pénitencier destiné à l'incarcération de bagnards condamnés une seconde fois (secondary offenders) sur le territoire australien. Un bagne dans le bagne en quelque sorte. Pour faire face à cette affluence, d'importants travaux furent engagés.

Plan du moulin, 1842.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1799 (All Rights Reserved).

En 1835, les huttes furent remplacées par un complexe constitué d'ateliers, de quartiers de surveillants et de dix barraquements composés chacun de 14 cellules particulièrement inconfortables pour accueillir les bagnards. Un peu plus tard furent ajoutées des cellules d'isolement et le tout était ceint d'une haute clôture en bois. En 1857, les bagnards furent transférés dans un nouveau bâtiment, ancien moulin reconverti, et l'ensemble accueillit alors un dortoir destiné aux invalides et aux fous. Puis, dans les années 1860, les invalides et les fous furent déplacés et les lieux devinrent un magasin, avant de totalement disparaître dans les années 1890.

Plan du pénitencier de Port Arthur, s.d.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1778 (All Rights Reserved).

Le moulin, qui disposait également d'un grenier, était à l'époque le plus grand bâtiment de Tasmanie. Le sol relativement pauvre de Port Arthur entraînait la nécessité d'importer le grain par bateau depuis Hobart. Avec l'augmentation de la population pénale, l'administration décida la construction d'un grenier et d'un moulin à grain achevé en 1845. Ce bâtiment était constitué de réservoirs, d'un acqueduc souterrain et d'une meule pour moudre le grain d'un diamètre de 10 mètres. Un mécanisme qui pouvait être actionné par près de 56 bagnards était également utilisé lorsque l'eau venait à manquer. Mais cet ensemble ne parvint jamais à suffire aux besoins de la colonie pénitentiaire. A partir de 1854, le moulin fut donc reconfiguré en un pénitencier.

Vue du pénitencier, 1880.

Source : Tasmanian Archives, PH30/1/4486 (All Rights Reserved).

L'arrivée de bagnards issus du pénitencier de Norfolk Island en 1855 entraîna l'agrandissement et la reconfiguration du bâtiment. Construit sur quatre étages et mesurant près de 75 mètres de long, les deux premiers niveaux accueillirent 136 cellules individuelles destinées à héberger les bagnards les plus indisciplinés et les deux derniers niveaux accueillirent des dortoirs pouvant contenir 480 individus, ainsi qu'un réfectoire, une bibliothèque et une chapelle. Les bagnards y dormaient dans des lits superposés.

Vue des couloirs et des cellules du pénitencier, 1880.

Source : Tasmanian Archives, PH30/1/4166 (All Rights Reserved).

Pendant ces travaux, une aile contenant deux étages fut rajoutée à l'ouest du bâtiment. Elle comprenanit une cuisine, une boulangerie, une laverie et des magasins.

Hall d'entrée du pénitencier, 1880.

Source : Tasmanian Archives, PH30/1/4490 (All Rights Reserved).

Les bagnards occupèrent les lieux jusqu'en 1877.

Cellules du pénitencier, 1880.

Source : Tasmanian Archives, PH30/1/4492 (All Rights Reserved).

Non loin du pénitencier se situait une vaste zone composée de divers ateliers de travaux. Les bagnards y travaillaient mais pouvaient également être formés à certains métiers : notamment chapentier, cordonnier, tourneur sur bois et forgeron. Il ne reste aujourd'hui aucune trace de cette zone.

Vue des couloirs et des cellules du pénitencier, 1880.

Source : Tasmanian Archives, NS1013/1/377 (All Rights Reserved).

Vue intérieure du pénitencier, 1880.

Source : Tasmanian Archives, PH30/1/4494 (All Rights Reserved).

Réfectoire du pénitencier, 1880.

Source : Tasmanian Archives, PH30/1/4500 (All Rights Reserved).

Vue du pénitencier, 1870.

Source : Tasmanian Archives, PH30/1/7405 (All Rights Reserved).

Vue du pénitencier, 1860.

Source : Tasmanian Archives, PH30/1/5822 (All Rights Reserved).

Vue du pénitencier après son incendie, s.d.

Source : Tasmanian Archives, NS1013/1/942 (All Rights Reserved).

Après la fermeture de Port Arthur, le pénitencier fut vandalisé. Ayant survécu à un premier incendie en 1895, il fut totalement détruit par un second deux ans plus tard. D'après les journaux de l'époque, le bâtiment brûla pendant deux jours.

Vue du pénitencier, 2014.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Les murs de la section centrale s'effondrèrent vers 1912 tandis que les murs intérieurs s'effondrèrent progressivement. A partir de 1967, le mur de la façade fut reconstruit et de 1978 à 1983 des travaux de stabilisation furent conduits. Aujourd'hui (2014), le pénitencier est l'objet d'une importante campagne de restauration.

Commissariat de police (1936).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le poste de police de Port Arthur fut construit en 1936. Le commissariat était initialement installé dans les locaux des cours de justice, qui furent détruits par le feu en 1897. Durant 15 ans, le commissariat de la péninsule fut installé à Premeydena, ville située à 15 km de Port Arthur. Mais le tourisme augmentant, les actes de vandalisme augmentèrent également et une force de police devint nécessaire sur place. Le nouveau commissariat fut donc bâti sur l'emplacement des premiers barraquements des forçats.

L'agent de police local était tout à la fois huissier de justice, inspecteur et geôlier (le commissariat disposait d'une cellule). A Port Arthur, il avait également la charge de protéger le site historique.

Le commissariat déménagea en 1973 dans la ville de Nubeena.

Le quartier militaire.

Source : © Departmnent of the Environment water Heritage and the Arts.

Le quartier militaire comprend la tour de garde, le quartier de l'officier militaire supérieur, le quartier des officiers, les tribunaux et la maison du commandant.

Tour de garde (1835).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le service de surveillance était assuré à Port Arthur par des soldats. Chargés d'assurer la sécurité, ils étaient également chargés de poursuivre et de ramener les évadés.

Tour de garde (1835).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

En 1835, le commandant de Port Arthur, le capitaine Booth, décida la construction d'une tour et d'un mur d'enceinte afin d'assurer une sécurité renforcée du quartier des barraquements militaires. L'ensemble fut achevé en 1836 : les pierres furent toutes taillées par de jeunes détenus internés à Point Puer, colonie pénitentiaire pour jeunes détenus bâtie face à Port Arthur.

Tour de garde (1835).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La tour de garde constitue un des tous premiers bâtiments en pierre édifié à Port Arthur et son architecture est de style Georgien gothique. Au dessous de la tour crénellée se situait la salle de garde bâtie sur un magasin où étaient entreposées des armes et des munitions. L'intérieur de la tour accueillait également trois cellules destinées à l'internement de forçats punis.

Tour de garde (1835).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La tour était surmontée d'un mât depuis lequel était hissé le drapeau britannique le dimanche, ou lorsqu'un navire accostait ou lorsqu'un personnage important était en visite. Après l'abandon du site, la tour fut vendue. Mais à l'inverse des autres bâtiments militaires, elle ne fut pas détruite : elle servit de musée dans les années 1890 et échappa à un incendie grâce à sa toiture en plomb.

Tour de garde (1835).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Il y eut trois casernes militaires à Port Arthur. La première était en bois et accueillait un sergent et 15 soldats. Mais avec l'augmentation des effectifs de bagnards, le nombre de militaires s'accrut et il fallut rapidement construire des bâtiments plus grands. En 1840, trois officiers encadraient 118 soldats et une nouvelle caserne en pierre fut construite. L'ancienne fut démolie et le terrain dégagé fut reconverti en aire de jeux de balles et de quilles. Quatre ans plus tard, face à l'augmentation continue de l'effectif pénal, le nombre total de soldats atteignit 249. Une nouvelle caserne fut donc édifiée en 1848.

Tour de garde (1835).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Les soldats occupèrent les deux casernes jusqu'en 1853, date à partir de laquelle leur nombre et celui des bagnards diminuèrent. Les soldats furent donc concentrés dans la nouvelle caserne (celle bâtie en 1848) et l'autre fut reconvertie en quartier pour des agents de police et pour des forçats mécaniciens.

Tour de garde (1835).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

En 1863, la garnison de Port Arthur fut envoyée en Nouvelle-Zélande et les casernes devinrent des magasins. Après la fermeture du pénitencier, l'ensemble fut vendu et démoli.

Maison de la tour (1853).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La plupart des officiers étaient accompagnés de leurs familles. En 1853, la construction de deux petites maisons situées des deux côtés de la tour de garde (Cottage Tower) fut donc projetée. Elles étaient destinées à l'hébergement des officiers mariés. Mais une seule fut édifiée en définitive. Elle comprenait deux parties comprenant chacune deux chambres, une cuisine et une ou deux chambres situées au grenier. Après la fermeture du pénitencier, elle fut vendue et très endommagée à la suite d'un incendie en 1897. Elle fut rénovée en 1963 et en 1988.

Nouvelle caserne militaire de Port Arthur, 1836.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1790 (All Rights Reserved).

Les épouses des officiers, outre leurs activités de couture et de nettoyage du linge, fournissaient également des soins aux soldats de la compagnie.

Plan du quartier militaire, 1857.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1788 (All Rights Reserved).

Les quartiers de l'officier supérieur militaire furent construits en 1833 et le quartier des officiers en 1844. Situés au dessus de la tour de garde, au sommet d'une colline, il n'en reste aujourd'hui que des ruines.

Nouvelle caserne militaire de Port Arthur, 1836.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1788 (All Rights Reserved).

Les enfants des soldats et des officiers de rang inférieur, ainsi que ceux du personnel civil, étaient éduqués ensemble dans l'école attenante.

Nouvelle caserne militaire de Port Arthur, 1840.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1794 (All Rights Reserved).

Les tribunaux (1846).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Situé au voisinage de la tour de garde, les tribunaux furent construits en 1846. Les bâtiments accueillaient des tribunaux, des bureaux administratifs pour le personnel de commandement et un bureau de poste.

Les tribunaux (1846).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

A leur arrivée au pénitencier, les forçats devaient lire le règlement. Et s'ils y contrevenaient, ils étaient conduits au tribunal, aussi surnommé la "Porte Verte", où le commandant du pénitencier les recevait en audience.

Les tribunaux (1846).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La construction de la luxueuse demeure du commandant a débuté en 1831. Mise à part la direction de la garnison militaire, le commandant était en charge de la direction de l'intégralité du pénitencier.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Située sur une colline surplombant la baie, la maison du commandant comprenait initialement un salon, deux chambres, une cuisine indépendante et un bureau.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

En 1844, deux chambres supplémentaires furent construites.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Des fresques, situées de chaque côté des murs de la véranda, décorent l'entrée de la maison du commandant.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

A partir de 1885, la maison du commandant fut reconfigurée en hôtel, le Carnavon Hotel, qui accueillit des visiteurs jusqu'en 1939.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Salon de la maison du commandant.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Chambre de la maison du commandant.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Escalier d'accès vers le reste des pièces.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Bureau du commandant.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cuisine indépendante de la maison du commandant.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cuisine indépendante de la maison du commandant.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le commandant William Thomas Napier, en poste de mars 1844 à janvier 1846 et de octobre 1846 à juin 1848, était également horticulteur et a conçu et mis en place des jardins.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Tombe du commandant Charles O'Hara Booth (1880-1851), ancien commandant de Port Arthur.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Des domestiques étaient hébergés dans la maison du commandant, mais d'autres étaient hébergés dans des dépendances attenantes. Une annexe destinée à l'entreposage de petits chariots fut bâtie en 1860.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

A droite se situe le bâtiment qui accueillait les domestiques, construit en 1855. A gauche se situe les écuries, construites en 1838.

Maison du commandant (1831).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Au sommet de la colline se situait un sémaphore. Grâce à ce mécanisme relié à cinq autres stations, des messages pouvaient être adressés à Hobart en 15 minutes.

Maison de William Smith O'Brien (1840).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cette maison est célèbre pour avoir hébergé un prisonnier politique irlandais, William Smith O'Brien. Membre du Parlement britannique et leader du mouvement Jeune Irlande (Young Ireland Mouvement), O'Brien conduisit sans succès une révolte près de Kilkenny et fut condamné à mort. Grâcié, il fut transporté en Tasmanie. Après avoir refusé de promettre de ne pas s'évader, il fut envoyé à Maria Island avant d'être transféré à Port Arthur en août 1850. Il demeura dans cette maison jusqu'au mois de novembre 1850, jusqu'à ce qu'il finisse par accepter les conditions fixées par le Gouvernement pour pouvoir bénéficier d'un ticket of leave. Cette maison bâtie en 1840 accueillait initialement des écuries. Puis elle fut convertie en demeure comportant deux chambres pour pouvoir accueillir O'Brien. A la suite de son départ, elle fut utilisée comme quartier des officiers et, pour un très courte période, comme hôpital militaire. Après la fin de la colonie pénitentiaire en 1877, elle fut reconvertie en hôtel par la Youth Hostel Association de 1950 à 1970. Sa restauration date de 1984.

Buanderie.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Réservoir d'alimentation de la roue à eau du moulin (1844).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

En 1839, une demi-tonne de farine de blé était nécessaire pour nourrir quotidiennement la population des forçats. Afin de réduire les coûts d'importation, la commandant Booth décida la construction d'un moulin. Le commandant pensait que le débit d'eau du Ruisseau de la Colonie (Settlement Creek) serait suffisant pour alimenter le futur moulin. En janvier 1843, l'ingénieur et chef de chantier de Hobart, Alexander Clark, débarqua à Port Arthur pour prendre en charge la réalisation de cet ambitieux chantier. Sous sa direction, une équipe de forçats bâtit un barrage pour constituer un réservoir en amont du Ruisseau de la Colonie. Depuis ce réservoir, l'eau circulait à travers un canal en pierre qui alimentait un second réservoir (celui représenté ci-dessus). Clark estimait que le débit de ce second réservoir serait capable d'actionner une roue à eau de 10,5 mètres de diamètre. Le calcul de l'ingénieur était ambitieux et complexe : depuis ce second réservoir, l'eau devait traverser, à travers un système de canal en briques souterrain, un ensemble de bâtiments et arriver jusqu'à une buse en bois surrélevée traversant Champ Street jusqu'au moulin. Outre le challenge technique, les travaux connurent de nombreuses difficultés dues essentiellement à un important manque de main-d'oeuvre. La situation empira avec l'envoi de travailleurs de son chantier vers d'autres corvées, décision que Clarke interpréta comme de la malveillance de la part des contremaîtres en charge des forçats. Il lui fallut ainsi plus de deux ans pour mener à bien son projet. La roue à eau du moulin de Port Arthur fut utilisée pour la première fois à la fin de l'année 1845, soit six ans après sa conception. Mais le débit d'eau était rarement suffisant pour alimenter correctement le moulin, même lorsque la main-d'oeuvre des forçats était employée pour l'actionner. Le moulin fut donc considéré comme un échec et reconvertit en un pénitencier en 1857. Ce système d'adduction d'eau servit ensuite à alimenter les salles de bain, les cuisines, les buanderies, les latrines et les systèmes de chauffage situés sur son cours.

Zone médicale.

Source : © Departmnent of the Environment water Heritage and the Arts.

La zone médicale comprend l'hôpital, le dépôt des indigents et l'asile.

Hôpital (1842).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

L'hôpital fut bâti en 1842 sur l'emplacement d'une ancienne structure en bois. Il était composé de quatre salles pouvant accueillir 80 patients.

Hôpital (1842).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cet hôpital était réservé aux forçats qui venaient y faire soigner les maladies qu'ils contractaient sur les différents chantiers du pénitencier ou dans leurs cellules. Du fait de l'humidité ambiante très élevée du site, ces maladies étaient essentiellement d'origine rhumatismale ou respiratoire.

L'hôpital de Port Arthur, 1880.

Source : Tasmanian Archives, NS1013/1/394 (All Rights Reserved).

Après la fermeture de la colonie pénitentiaire en 1877, l'hôpital fut racheté par l'Eglise catholique qui l'utilisa comme collège.

Hôpital (1842).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

L'hôpital fut détruit par deux incendies, survenus en 1895 et en 1897.

Hôpital (1842).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Hôpital (1842).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Hôpital (1842).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Hôpital (1842).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Hôpital (1842).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Dépôt des indigents (1863).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le dépôt des indigents fut construit en 1863. Après l'abolition de la peine de la transportation en Tasmanie en 1853, le nombre de forçats commença à décliner. La moyenne d'âge de ceux encore présents au pénitencier augmenta constamment. Ces forçats ne pouvaient quitter le pénitencier car ils étaient trop âgés, malades ou souffrants de troubles psychiatriques dûs à leur internement. En outre, ils ne trouvaient pas à s'employer à l'extérieur et la plupart n'avaient aucune famille pour leur venir en aide.

Dépôt des indigents (1863).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le dépôt comprenait des dortoirs pouvant accueillir près de 140 personnes installées dans des lits en fer.

Dépôt des indigents (1863).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Il comprenait également une salle à manger, une cuisine, des bains et une buanderie.

Dépôt des indigents (1863).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

En 1874, le dépôt fut fermé et ses pensionnaires furent envoyés dans différents établissements à Hobart. Après deux ans sans activité, il fut à nouveau utilisé pour héberger le flux grandissant des invalides de la ville d'Hobart.

Dépôt des indigents (1863).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

En 1877, la salle à manger du dépôt fut utilisée comme salle de classe et les bâtiments en bois furent démolis. Un incendie survenu en 1895 détruisit l'intégralité du dépôt.

L'asile (1868).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

L'asile fut construit en 1868. Bien que les besoins nécessaires à la prise en charge les forçats atteints de troubles psychiatriques furent constatés dès les débuts de l'implantation de la colonie pénitentiaire, le pénitencier comprenait peu d'équipements adéquats. L'aile C de la prison d'isolement (Separate Prison) fut bien reconvertie pour accueillir les fous à la fin des années 1850, mais cette installation n'était pas suffisamment adaptée. L'administration coloniale hésitait à investir dans de meilleures installations, considérant que la charge des dépenses résultant de l'époque de la transportation revenait alors à la Grande-Bretagne.

L'asile (1868).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

En 1864, le commandant James Boyd reçut l'autorisation du lieutenant gouverneur de la colonie de faire édifier un asile à Port Arthur. Achevé en 1868, l'asile comprenait un grand hall central depuis lequel rayonnaient quatre ailes principales. Le fait que Boyd ait conçu ce bâtiment pour y héberger de "malheureux détenus" provient de la vision de plus en plus empathique témoignée par les autorités à l'égard des fous. L'intérieur était bien éclairé et ventilé et comprenait de larges vérandas et des jardins pour permettre aux pensionnaires de s'aérer.

L'asile (1868).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Depuis le hall central, les agents bénéficiaient d'une vue générale pour surveiller les quatre ailes du bâtiment, qui accueillaient les dortoirs des pensionnaires. L'aile sud était divisée en cellules individuelles pour isoler les malades considérés comme les plus dangereux. Le hall central était également utilisé comme salle à manger où les pensionnaires mangeaient collectivement. Le régime pénitentiaire de Port Arthur entraînait toutefois l'obligation pour ces hommes de travailler quotidiennement : en assurant le nettoyage du bâtiment, en entretenant les jardins ou en exerçant certains métiers.

Quand le pénitencier de Port Arthur ferma ses portes en 1877, ses pensionnaires furent internés dans l'ancienne maison de correction pour femmes de Hobart. Le bâtiment fut ensuite utilisé comme école, salle de réunion publique, gymnase, salle de concerts et également comme lieu de culte. En 1890, l'asile fut officiellement cédé au conseil municipal de Carnavon. Mais il fut détruit en grande partie cinq ans plus tard par un incendie.

L'asile (1868).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Une partie du bâtiment fut ensuite restaurée, notamment la tour contenant l'horloge qui fut détournée de 45° de son axe original pour être alignée avec la nouvelle façade du bâtiment. L'asile servit ensuite durant de nombreuses années comme bureaux administratifs jusqu'à ce que son état nécessite de nouveaux travaux de restauration. Une fois effectués, il fut reconverti en centre de visite pour touristes avant d'être reconfiguré en 1990 pour accueillir le musée de Port Arthur. Outre les collections du musée qui présentent de précieux témoignages sur la vie quotidienne des forçats, l'asile comprend également un centre d'archives.

Prison d'isolement (1849).

Source : © Departmnent of the Environment water Heritage and the Arts.

La prison d'isolement (separate prison ou model prison) est très certainement le plus impressionnant des bâtiments de la colonie pénitentiaire.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La prison d'isolement (Separate Prison) fut édifiée en 1849.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Au lieu de résumer la peine à sa simple valeur dissuasive, la pensée carcérale en vigueur au milieu du XIXe siècle était marquée par un changement d'orientation dans la conception primaire du système pénitentiaire. En Grande-Bretagne, la prison de Pentonville, située à Londres, constituait une nouvelle expérimentation de l'emprisonnement qui allait avoir une grande influence sur de nombreuses prisons coloniales. La prison d'isolement de Port Arthur s'inspira directement de ce modèle, construit sur un plan radiant et comprenant des cellules individuelles strictement séparées où les prisonniers étaient enfermés nuit et jour.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

L'emprisonnement cellulaire était alors pensé pour encourager les prisonniers à réfléchir sur leurs "mauvaises actions".

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Bien que de nombreuses critiques s'élevaient à cette époque contre ce système d'emprisonnement, accusé d'être extrêmement cruel et dangereux pour la santé mentale des prisonniers qui y étaient soumis, les autorités de la colonie y furent totalement favorables.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le contrôleur général des bagnards (Comptroller-General of Convicts), le Docteur John Hampton, et le commandant Boyd clamaient au contraire que la prison d'isolement avait réussi à soumettre les prisonniers les plus récalcitrants et auparavant internés dans les cellules ordinaires du pénitencier de Hobart.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Les prisonniers étaient strictement séparés et enfermés quotidiennement pendant 23 heures, dans un silence total.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Les prisonniers mangeaient, dormaient et travaillaient dans leur cellule. Dans les années 1850, la prison cellulaire était utilisée pour l'internement des forçats jugés les plus dangereux (worst class).

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Les prisonniers étaient soumis à un régime très strict basé sur le nettoyage de leur cellule, ainsi que sur le travail et l'éducation religieuse qui scandaient chaque minute de leur journée.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Dans cet environnement, la privation sensorielle était extrême. Les communications entre les prisonniers étaient totalement interdites et les surveillants portaient des chaussons pour maintenir un silence absolu.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Lorsque les prisonniers étaient extraits de leur cellule, ils étaient obligés de porter une capuche qui leur couvrait entièrement le visage.

Les ailes A et C contenait des cellules.

Prison d'isolement (1849).

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Les cellules disposaient du strict minimum : une table, un tabouret, une tinette, un seau, un lit à sangles murales et une étagère.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Grâce à un système situé à l'intérieur de leur cellule, le prisonnier pouvait actionner un panneau extérieur pour réclamer la venue d'un surveillant.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La chapelle était le seul lieu où les prisonniers pouvaient s'exprimer oralement : mais uniquement à travers des chants religieux.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Les prisonniers étaient séparés durant l'office : ils étaient enfermés dans des pupitres qui les empêchaient de communiquer avec leurs voisins.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Les numéros des pupitres correspondaient aux numéros des cellules des prisonniers. Chaque prisonnier devait donc prendre place dans le pupitre qui correspondait à son numéro de cellule.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La seule personne que pouvait donc voir les prisonniers durant l'office était le chapelain durant l'office religieuse.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

L'aile B permettait d'accéder aux cours de promenade.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Les prisonniers avaient droit à une heure de promenade quotidienne.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Ces promenades s'effectuaient dans des petites cours individuelles qui rayonnaient depuis le hall central de la prison d'isolement.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Ces cours de promenade assuraient donc elles aussi un isolement total du prisonnier qui ne pouvait pas communiquer avec ses congénères.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Les prisonniers qui dérogeaient aux règles extrêmement strictes de la prison d'isolement s'exposaient à de sévères sanctions : ils pouvaient voir leur ration alimentaire diminuée ou, dans le pire des cas, être enfermés dans un cachot absolument sans lumière et totalement insonorisé.

Prison d'isolement (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Après avoir initialement accueilli la worst class des forçats, la prison accueillit plus tard ceux condamnés pour les crimes les plus graves et les évadés.

La prison d'isolement en 1880.

Source : Tasmanian Archives, NS1013/1/944 (All Rights Reserved).

Après la fermeture du pénitencier, la prison fut rachetée en 1884 et reconvertie en un hôtel. 

La prison d'isolement, 1880.

Source : Tasmanian Archives, PH30/1/5166 (All Rights Reserved).

La prison fut très endommagée par un incendie en 1895 et le gouvernement en redevint propriétaire en 1916.

Chapelle de la prison d'isolement, 1880.

Source : Tasmanian Archives, PH30/1/4542 (All Rights Reserved).

Depuis 2007, la prison d'isolement est l'objet d'un important projet de restauration.

Chapelle de la prison d'isolement, 1880.

Source : Tasmanian Archives, NS1013/1/882 (All Rights Reserved).

Plan de la prison d'isolement, 1836.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1817 (All Rights Reserved).

Plan de la prison d'isolement, 1857.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1878 (All Rights Reserved).

Avenue du Mémorial des soldats de la Première Guerre mondiale.

Source : www.portarthur.org.au

Située devant la prison d'isolement, l'avenue du Mémorial des soldats de la Première Guerre mondiale est constituée de cyprès de Monterey (ou Macrocarpa) plantés en 1918.

Maison du superviseur agricole (vers 1850).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Dans les tout premiers temps de l'implantation de la colonie pénitentiaire, la culture locale de choux et de patates était suffisante pour couvrir les besoins alimentaires de tous les forçats. Mais la viande, surtout salée, était importée. Ce n'est qu'à partir des années 1850 qu'une vaste ferme gouvernementale fut établie. Elle permit l'élevage de bétail sur place : porcs, chevaux et boeufs. Aujourd'hui, seules la laiterie et la maison du superviseur agricole sont encore visibles.

Maison du superviseur agricole (vers 1850).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Maison du superviseur agricole (vers 1850).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Trentham (1898-1904).

Source : www.travelblog.org

Cette maison a été construite de 1898 à 1904. Elle hébergeait la famille Trentham et a été restaurée en 1915.

Quartier des fonctionnaires civils.

Source : © Departmnent of the Environment water Heritage and the Arts.

Le quartier des officiers civils de Port Arthur (Civil Officers' Row) fut bâti sur l'ordre du commandant Champ pour pouvoir accueillir les officiers civils du pénitencier dont le nombre ne cessait d'augmenter. Il comprend différentes demeures et jardins situés à l'écart du pénitencier. Et ce afin d'éviter aux familles des fonctionnaires de la colonie pénitentiaire de cohabiter avec les forçats. C'est dans ce quartier que se situe également la magnifique église de Port Arthur.

Jardins des officiers.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Une part des rations alimentaires distribuées aux officiers de l'établissement provenait du jardin des officiers (Officer's Gardens). En 1838, le jardin comptait 6 hectares de terres cultivées où poussaient des légumes et des fruits. L'alimentation en eau provenait de la fontaine ornementale du jardin du gouvernement. Ces jardins subissaient très souvent des vols de la part des bagnards.

Jardins des officiers.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Maison du magistrat (1847).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cette maison fut construite en 1847 pour accueillir le magistrat inspecteur (Visiting Magistrate). L'année suivante, elle fut occupée par le surintendant adjoint (Deputy Superintendant).

Maison du magistrat (1847).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Quelques années plus tard, la maison fut reconfigurée pour accueillir le médecin-chef (Senior Medical Officer). Après la fermeture du pénitencier, elle fut vendue et reconvertie en hôtel, l'hôtel Clougha.

Maison du magistrat (1847).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La maison comprenait également une annexe.

Maison du magistrat (1847).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Elle comprenait également une étable.

Maison du magistrat (1847).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Maison du prêtre catholique (1844).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cette maison fut construite en 1844 pour héberger le prêtre catholique. En 1843, les forçats de culte catholique refusèrent de continuer à assister aux célébrations du culte protestant. Un prêtre catholique, le père William Bond, fut donc spécialement missionné à Port Arthur. Une petite pièce située à l'arrière de la demeure faisait ainsi office de chapelle privée. Cette maison fut ensuite reconvertie dans la première moitié du XXe siècle en une partie de l'hôtel The Arthur Hotel.

 

Maison du prêtre catholique (1844).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cette maison possédait elle aussi une annexe.

Maison du médecin second (1848).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cette maison, bâtie en 1848, accueillait initialement le commissaire (Commissariat Officer). Elle accueillit ensuite le médecin second (Junior Medical Officer).

A partir de 1873, elle devint la demeure de l'instituteur avant d'être reconfigurée en hôtel. Au début des années 1900, elle devint la Tasmanian Villa puis, en 1926, le Hotel Arthur qui ferma ses porte en 1959.

Maison du médecin second (1848).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La maison comprenait également une annexe.

Maison du comptable (1843).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cette demeure, construite en 1843, hébergeait initialement le médecin responsable des stations de probations situées autour de la colonie pénitentiaire de Port Arthur. Plus tard, elle hébergea le comptable. Quand le bâtiment fut vendu en 1889, il fut transformé en école.

Presbytère (1842).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le presbytère fut bâti de 1842 à 1843 et comprenait initialement deux étages. Après avoir été incendié en 1895, il fut reconstruit pour accueillir le bureau de poste de Carnavon.

Eglise de Saint David (1927).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

L'église de Saint David fut construite en 1927.

Etable.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cette étable se situe derrière le quartier des officiers civils.

Eglise (1837).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La première pierre de l'église de Port Arthur fut posée par le gouverneur George Arthur lors de sa dernière visite du site en 1836 et l'édifice fut achevé l'année suivante. Elle fut dessinée par l'architecte Henry Laing.

Eglise (1837).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Bien que construite par les bagnards, les pierres de l'église furent toutes taillées par de jeunes prisonniers internés dans l'établissement pour jeunes détenus de Point Puer.

Eglise (1837).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

L'église pouvait accueillir plus de 1 100 personnes. La majorité d'entre elles était des forçats qui occupaient le centre de l'édifice pendant l'office. Les colons libres et les officiers du pénitencier assistaient eux à l'office depuis des bancs installés dans les ailes de l'église et étaient séparés des forçats par des rideaux.

Eglise (1837).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Dans les années 1840, un carillon composé de huit cloches fut spécialement coulé à Port Arthur et installé dans la tour de l'église, sous son clocher. Ce dernier fut détruit par une tempête en 1976. Le toit de l'église fut également très endommagé par des intempéries quelques années plus tard. Enfin, en 1884, un incendie étendit les ravages et détruisit l'intégralité du toit. Mais tout au long du XXe siècle, des sections de l'église furent reconstruites et stabilisées.

Eglise (1837).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Depuis l'imposante chaire à trois niveaux, le pasteur délivrait ses sermons à l'assemblée.

Eglise (1837).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le premier pasteur de Port Arthur fut le révérend John Manton qui arriva en 1833 et qui resta en poste jusqu'en 1844.

Eglise (1837).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le révérend Manton fut si apprécié des forçats que la rumeur de son remplacement, en octobre 1842, entraîna le refus de la plupart d'entre eux d'assister à l'office.

Eglise (1837).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

En 1843, après la nomination d'un nouveau pasteur protestant irlandais, le révérend Edward Durham, des tensions avec les forçats catholiques augmentèrent et entraînèrent une grève de la part de 185 d'entre eux qui étaient inquiets que l'église soit sur le point d'être consacrée au domaine exclusif de l'Eglise d'Angleterre. Pour éviter toute perturbation du culte catholique, un prêtre catholique fut nommé peu après. Bien que les Catholiques célébraient leur culte dans d'autres endroits, ils pouvaient utiliser l'église quand elle était libre. Pour le permettre et afin de préserver une harmonie religieuse sur le site, l'église ne fut donc jamais consacrée.

Eglise (1837).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Eglise (1837).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Eglise (1837).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Eglise (1837).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Eglise (1837).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Plan de l'église, 1836.

Source : Tasmanian Archives, CON87/1/41 (All Rights Reserved).

Plan de l'église, 1836.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1813 (All Rights Reserved).

Plan de l'église, 1836.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1806 (All Rights Reserved).

Plan de l'église, 1836.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1808 (All Rights Reserved).

Plan de l'église, 1836.

Source : Tasmanian Archives, CON87/1/43 (All Rights Reserved).

Plan de l'église, 1836.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1799 (All Rights Reserved).

Plan de l'église, 1836.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1812 (All Rights Reserved).

Plan de l'église, 1836.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1814 (All Rights Reserved).

Plan de l'église, 1836.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1816 (All Rights Reserved).

L'église, 1870.

Source : Tasmanian Archives, NS1013/1/1705 (All Rights Reserved).

L'église, 1870.

Source : Tasmanian Archives, PH30/1/5099 (All Rights Reserved).

L'église, 1880.

Source : Tasmanian Archives, NS1013/1/393 (All Rights Reserved).

L'église, 1869.

Source : Tasmanian Archives, PH2/1/21 (All Rights Reserved).

L'église, 1890.

Source : Tasmanian Archives, PH4/1/31 (All Rights Reserved).

L'église, 1870.

Source : Tasmanian Archives, CON87/1/41 (All Rights Reserved).

L'église, 1870.

Source : Tasmanian Archives, CON87/1/41 (All Rights Reserved).

Maison du gouvernement (1854).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Construite en 1854, la maison du gouvernement (Cottage Government) a été initialement bâtie pour héberger le controleur général, chef du département des condamnés (Comptroller General) lors de ses visites de la colonie pénitentiaire. Elle servait également de résidence pour les officiels de passage. Mais la plupart préféraient être accueillis dans la maison du commandant.

Maison du gouvernement (1854).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Bien que cette maison accueillit de nombreux officiels pour de courtes périodes, elle n'a jamais été une résidence permanente.

Maison du gouvernement (1854).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Après la fermeture de la colonie pénitentiaire, cette maison fut vendue. Mais elle fut détruite par un incendie en 1895.

Maison du gouvernement (1854).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Maison du gouvernement (1854).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cette maison se situait au sommet des jardins du gouvernement (Government Gardens). Ses abords étaient plantés d'ormes, de chênes, de frênes, de rosiers et de magnifiques jardins où les femmes d'officiers et leurs enfants aimaient se promener.

La maison du gouvernement, 1868.

Source : Tasmanian Archives, PH30/1/4906 (All Rights Reserved).

Jardins du gouvernement.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Dès les années 1830, des arbres ornementaux furent plantés à Port Arthur. En 1838, l'allée conduisant de l'église à la rue Tarleton fut plantée de jeunes arbres fournis par le gouverneur John Franklin.

Jardins du gouvernement.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

En 1846-47, le commandant Champ transforma le champ de houblon adjacent en un magnifique jardin ornemental, principalement pour égayer le quotidien des femmes séjournant dans la colonie pénitentiaire.

Jardins du gouvernement.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La beauté de ces jardins fut à son apogée dans les années 1860-1870. Après la fermeture de la colonie pénitentiaire, ils furent négligés. Ce n'est qu'à partir des années 1991-1992 que la reconstitution du chemin principal fut engagée, que les jardins furent replantés et que la fontaine fut restaurée.

Jardins du gouvernement.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Four de James Price.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Du temps de la colonie pénitentiaire, les briques et le carrelage nécessaires aux constructions étaient produites sur place, dans des fours. Une fois que le pénitencier fut achevé, la production fut exportée à Hobart. Après la fermeture de Port Arthur en 1877, le terrain fut mis aux enchères et un pottier britannique, James Price, acheta la terre située sur la colline surplombant l'église (à côté de laquelle se situait initialement l'ancienne briquetterie). Il produisit des vitrages et des faïences au moyen de deux fours (seul celui présenté ci-dessus est toujours visible aujourd'hui). Après la mort de Price en 1912, le four fut utilisé comme entrepôt par des pêcheurs avant qu'il ne s'effondre partiellement. Il a été reconstruit par le National Park and Wildlife en 1982.

Maison de Pat Jones (1942).

Source : www.wanderingaustralia.com.au

Cette maison, construite en 1942 avec des matériaux provenant de bâtiments du site de Port Arthur, se situe à droite du jardin du gouvernement.

Jardin commémoratif.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le 28 avril 1996, un homme armé tua 35 personnes et en blessa 19 autres sur le site historique de Port Arthur et aux alentours. Ce jardin commémoratif est dédié à leur mémoire.

Jardin commémoratif.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Maison canadienne (1847).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Ce complexe de bâtiments, intitulé Canadian Cottage, fut érigé en 1847 et était utilisé pour le service de la carrière qui se situait juste derrière et pour l'hébergement des surveillants. Un de ces bâtiments contenait également une école et une presse.

Maison canadienne (1847).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Ce complexe fut détruit en 1889.

Maison canadienne (1847).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Maison canadienne.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Ce bâtiment se situait initialement à côté de la maison du magistrat et avait pour nom maison d'observation du port (Port Lookout Cottage). Il s'agissait d'une maison préfabriquée et importée, probablement du Canada. Elle fut réimplantée vers 1900 dans cette partie du site de Port Arthur où elle fut renommée maison canadienne (Canadian Cottage). Elle servit ensuite comme boutique de vente de souvenirs.

Maison de la jetée (vers 1920).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La maison de la jetée (Jetty Cottage) fut construite dans les années 1920, sur un site qui accueillait initialement un quartier pour officiers civils érigé dans les années 1840. Cette maison a accueilli de nombreuses familles de pêcheurs. Elle se situe face à l'emplacement de la jetée en bois construite en 1884. La première jetée, bâtie au sud de la baie par les bagnards, fut effectivement endommagée par des orages dans les années 1880. La jetée contemporaine date elle de 1964.

Chantier naval.

Source : © Departmnent of the Environment water Heritage and the Arts.

Le chantier naval de Port Arthur comprend plusieurs bâtiments : les deux cales de lancement des navires, le four à chaux, la maison du charpentier de marine et la maison du surveillant des travaux de construction.

Maison du charpentier de marine (1834).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La période d'activité du chantier naval de Port Arthur s'étend de 1834 à 1848. Durant ses années d'activité, 16 grands navires et 150 petites embarcations y ont été produits. A son apogée, près de 70 forçats y était employé.

Four à chaux (1854).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le four à chaux, construit en 1854, produisait un matériau essentiel pour mener à bien l'ensemble des constructions entreprises à Port Arthur.

Four à chaux (1854).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Maison du surveillant des travaux de construction (1848).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le chantier naval incluait de nombreuses infrastructures : une forge, deux fosses de sciage, deux pompes à vapeur pour plier le bois, un atelier de câblages et plusieurs autres ateliers.

Cale de lancement des navires (1834).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le site comprenait deux cales de lancement de navires. Dans cette cale, une structure contemporaine permet d'évaluer la taille des navires produits sur le site.

Cale de lancement des navires (1834).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Canal de Port Arthur

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le site de Port Arthur est traversé par un canal dont les berges ont été aménagées par les forçats.

Canal de Port Arthur.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Canal de Port Arthur.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le canal de Port Arthur se jette dans la baie des maçons (Mason Cove).

L'île des morts et Puer Point.

Source : © Departmnent of the Environment water Heritage and the Arts.

L'île des Morts et la colonie pénitentiaire pour jeunes détenus de Puer Point se situent face au pénitencier de Port Arthur, dans la baie de Carnavon.

Ile des morts (1833).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

L'île des morts (Isle of the Dead) se situe face au site de Port Arthur. Elle fut baptisée ainsi par le révérend John Manton. De 1833 à 1877, environ 1 100 personnes furent enterrées dans ce cimetière.

Ile des morts (1833).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Les tombes situées au sommet de l'île étaient celles destinées aux personnels libres et à leurs familles. Les forçats, les pauvres et les fous étaient eux enterrés sur les pentes inférieures de l'île.

Ile des morts (1833).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Initialement, les bagnards n'avaient pas droit à des pierres tombales. Mais cette règle s'est assouplie à partir des années 1850.

Ile des morts (1833).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La plupart de ces tombes furent creusées par un bagnard, John Barron. Ce forçat demeura près de vingt ans sur l'île et, bien que forçat, sa charge lui permis d'y demeurer relativement libre.

Ile des morts (1833).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Ile des morts (1833).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Ile des morts (1833).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Ile des morts (1833).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Ile des morts (1833).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Ile des morts (1833).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Ile des morts (1833).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Ile des morts (1833).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Ile des morts (1833).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Ile des morts (1833).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Point Puer (1834).

Source : www.portarthur.org.au

Situé face à Port Arthur, dans la baie de Carnavon, Point Puer fut la première colonie pénitentiaire pour jeunes détenus de tout l'empire britannique. De jeunes prisonniers de 14 à 17 ans (mais certains étaient âgés de 9 ans) furent envoyés de 1834 à 1849 dans ce pénitencier afin d'être séparés des condamnés adultes. Cette innovation est due au commandant Charles Booth qui recommanda en 1833 au gouverneur George Arthur d'interner les jeunes condamnés à Point Puer (puer signifie "garçon" en latin). L'ensemble était formé d'un dortoir et d'une école où près de 3 000 jeunes condamnés ont transité. Le régime y était extrêmement strict et le travail particulièrement dur. 

Centre pour visiteurs.

Source : www.emjaysquared.com

Le site de Port Arthur dispose d'un centre pour visiteurs (Visitor Information and Services) qui comprend un parcours de visite où vous pourrez découvrir l'histoire de la colonie pénitentiaire. A l'intérieur du site, plusieurs bâtiments se visitent également : ils contiennent des musées ou leur intérieur a été intégralement reconstitué. Il s'agit du Poste de police (Collection archéologique), de la maison du médecin second, du presbytère, de la prison d'isolement, de l'asile (Musée et Centre d'archives), de la maison de la famille Trentham et de la maison du commandant. Pour plus de renseignements, n'hésitez pas à consulter le site du Port Arthur Historic Sites.