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Succès et limites du système Bertillon

Succès et limites du système Bertillon

Au service anthropométrique, dessin caricaturiste de A. Hellé, s.d.

Paris, archives de la préfecture de police, presse Bertillon

L’anthropométrie, qui a connu un fulgurant succès international à l’issue du congrès d’anthropologie criminelle de 1889, est peu à peu critiquée : on dénonce ses limites, les « attouchements vexatoires », surtout vis-à-vis des femmes, qu’impliquent les mensurations du corps ; on conteste son efficacité ; on craint les abus de la police et l’application de ce dispositif humiliant aux honnêtes citoyens ...

La fiche signalétique dite parisienne, combinant photographie de face-profil, marques particulières (cicatrices, tatouages, etc.), mesures anthropométriques, « portrait signalétique » et, progressivement, empreintes digitales, sert désormais de modèle avec, toutefois, de nombreuses variantes locales.

Dans la police spéciale des chemins de fer (ancêtre des Renseignements généraux), le contrôle des étrangers ou le contre-espionnage, les photographies font leur apparition dans les dossiers nominatifs, les registres et les listes de suspects. Les anarchistes sont alors les cibles privilégiées des petits appareils portatifs mis sur le marché qui permettent à des opérateurs de prendre des photographies sur le vif, en pleine rue, sans que le « client » en sache rien. Dans bien des cas, il ne s’agit pas de photographies aux normes définies par Bertillon, mais de simples portraits détournés de leur usage premier. Dans le domaine des sciences en revanche, le face-profil et la photographie métrique préconisés par Bertillon continuent d’être appliquée jusqu’au XXe siècle.

Fiches anthropométriques de bagnards. Fichier du ministère des Colonies pour les patronymes commençant par les lettres D et E, de 1884 aux années 1930

Aix-en-Provence, Archives nationales d’outre-mer, 2Fi 2503 (fiche d’Alfred Dreyfus)

À l’exception de la fiche d’Alfred Dreyfus, ces fiches anthropométriques ont été réalisées, pour la plupart, dans différentes maisons d’arrêt en métropole et en Algérie, ce qui explique leur manque d’homogénéité : certaines portent le nom et la photographie sur le recto ; sur d’autres, le nom est au recto, la photographie au verso. Le choix porte sur les années 1891, 1892, 1893, 1912, 1920, 1928, 1929 et 1932. On observe l’évolution du support et de la qualité des photographies. Dans les années 1890, le prévenu est photographié torse nu. De nombreuses indications portent sur les tatouages et marques physiques.

Fiches anthropométriques de bagnards. Fichier du ministère des Colonies pour les patronymes commençant par les lettres D et E, de 1884 aux années 1930

Aix-en-Provence, Archives nationales d’outre-mer, 2Fi 2503 (fiche d’Alfred Dreyfus)

Fiches anthropométriques de bagnards. Fichier du ministère des Colonies pour les patronymes commençant par les lettres D et E, de 1884 aux années 1930

Aix-en-Provence, Archives nationales d’outre-mer, Col H 5097

Fiches anthropométriques de bagnards. Fichier du ministère des Colonies pour les patronymes commençant par les lettres D et E, de 1884 aux années 1930

Aix-en-Provence, Archives nationales d’outre-mer, Col H 5097

Fiches anthropométriques de bagnards. Fichier du ministère des Colonies pour les patronymes commençant par les lettres D et E, de 1884 aux années 1930

Aix-en-Provence, Archives nationales d’outre-mer, Col H 5097

Fiches anthropométriques de bagnards. Fichier du ministère des Colonies pour les patronymes commençant par les lettres D et E, de 1884 aux années 1930

Aix-en-Provence, Archives nationales d’outre-mer, Col H 5097

Fiches anthropométriques de bagnards. Fichier du ministère des Colonies pour les patronymes commençant par les lettres D et E, de 1884 aux années 1930

Aix-en-Provence, Archives nationales d’outre-mer, Col H 5097

Fiches anthropométriques de bagnards. Fichier du ministère des Colonies pour les patronymes commençant par les lettres D et E, de 1884 aux années 1930

Aix-en-Provence, Archives nationales d’outre-mer, Col H 5097

Fiches anthropométriques de bagnards. Fichier du ministère des Colonies pour les patronymes commençant par les lettres D et E, de 1884 aux années 1930

Aix-en-Provence, Archives nationales d’outre-mer, Col H 5097

Fiches anthropométriques de bagnards. Fichier du ministère des Colonies pour les patronymes commençant par les lettres D et E, de 1884 aux années 1930

Aix-en-Provence, Archives nationales d’outre-mer, Col H 5097

Fiches anthropométriques de bagnards. Fichier du ministère des Colonies pour les patronymes commençant par les lettres D et E, de 1884 aux années 1930

Aix-en-Provence, Archives nationales d’outre-mer, Col H 5097

Photographies associées à des notices individuelles et fiches anthropométriques d’interdits de séjour et d’étrangers expulsés de France. Fichier de la direction de la Sûreté générale, 1889-1906

Paris, Archives nationales, F7 14017, 14037, 14197, 14337

Au ministère de l’Intérieur, les premières grandes séries de dossiers nominatifs sont constituées à partir des années 1880. Pour les seuls interdits de séjour, 50 000 dossiers sont ouverts de 1889 jusqu’à 1906, année de clôture d’une première série. La majorité des dossiers ne comportent pas de photographies ; on note cependant l’apparition de portraits photographiques épinglés sur certaines notices individuelles ou fiches anthropométriques cartonnées.

Photographies associées à des notices individuelles et fiches anthropométriques d’interdits de séjour et d’étrangers expulsés de France. Fichier de la direction de la Sûreté générale, 1889-1906

Paris, Archives nationales, F7 14017, 14037, 14197, 14337

Photographies associées à des notices individuelles et fiches anthropométriques d’interdits de séjour et d’étrangers expulsés de France. Fichier de la direction de la Sûreté générale, 1889-1906

Paris, Archives nationales, F7 14017, 14037, 14197, 14337

Photographies associées à des notices individuelles et fiches anthropométriques d’interdits de séjour et d’étrangers expulsés de France. Fichier de la direction de la Sûreté générale, 1889-1906

Paris, Archives nationales, F7 14017, 14037, 14197, 14337

Dossier du ministère de l’Intérieur sur l’espionnage allemand en France. Répertoire des photographies des attachés militaires en poste à l’ambassade d’Allemagne à Paris, portraits d’officiers, 1886-1905

Paris, Archives nationales, F7 12645

Dans le domaine de la surveillance des suspects et du renseignement, les méthodes élaborées à cette époque apparaissent maladroites quand il s’agit de traiter des images. Il est vrai que les photographies réalisées en atelier, collées sur de beaux cartons de montage, se prêtent mal à une mise en fiche. Des listes ou des répertoires alphabétiques de noms renvoient ainsi à des portraits collectés, bien entendu, à l’insu des individus. C’est le cas, par exemple, de ces listes dressées par la Sûreté générale pour les attachés militaires de l’ambassade d’Allemagne, tous soupçonnés d’espionnage.

Dossier du ministère de l’Intérieur sur l’espionnage allemand en France. Répertoire des photographies des attachés militaires en poste à l’ambassade d’Allemagne à Paris, portraits d’officiers, 1886-1905

Paris, Archives nationales, F7 12645

Dossier du ministère de l’Intérieur sur l’espionnage allemand en France. Répertoire des photographies des attachés militaires en poste à l’ambassade d’Allemagne à Paris, portraits d’officiers, 1886-1905

Paris, Archives nationales, F7 12645

Dossier du ministère de l’Intérieur sur l’espionnage allemand en France. Répertoire des photographies des attachés militaires en poste à l’ambassade d’Allemagne à Paris, portraits d’officiers, 1886-1905

Paris, Archives nationales, F7 12645

Dossier du ministère de l’Intérieur sur l’espionnage allemand en France. Répertoire des photographies des attachés militaires en poste à l’ambassade d’Allemagne à Paris, portraits d’officiers, 1886-1905

Paris, Archives nationales, F7 12645

Dossier du ministère de l’Intérieur sur l’espionnage allemand en France. Répertoire des photographies des attachés militaires en poste à l’ambassade d’Allemagne à Paris, portraits d’officiers, 1886-1905

Paris, Archives nationales, F7 12645

Dossier du ministère de l’Intérieur sur l’espionnage allemand en France. Répertoire des photographies des attachés militaires en poste à l’ambassade d’Allemagne à Paris, portraits d’officiers, 1886-1905

Paris, Archives nationales, F7 12645

Fiches de recherches d’anarchistes espagnols amnistiés, transmises à la Sûreté générale par la police espagnole, 1900

Paris, Archives nationales, F7 12725

Fiches de recherches d’anarchistes espagnols amnistiés, transmises à la Sûreté générale par la police espagnole, 1900

Paris, Archives nationales, F7 12725

Fiches de recherches d’anarchistes espagnols amnistiés, transmises à la Sûreté générale par la police espagnole, 1900

Paris, Archives nationales, F7 12725

Fiches de recherches d’anarchistes espagnols amnistiés, transmises à la Sûreté générale par la police espagnole, 1900

Paris, Archives nationales, F7 12725

Fiches de recherches d’anarchistes espagnols amnistiés, transmises à la Sûreté générale par la police espagnole, 1900

Paris, Archives nationales, F7 12725

Lot de photographies d’Émile Zola, 29 août 1898

Paris, Archives nationales, F7 16028-2 ; Bordeaux, archives départementales de Gironde, 1 M 431

Recherché par la police lors de l’affaire Dreyfus, Émile Zola est parvenu à fuir la France en dépit des avis de recherche lancés contre lui. Des portraits de l’écrivain sont transmis par la préfecture de police à la Sûreté générale (ministère de l’Intérieur) qui en assure la diffusion dans les départements. Le commissariat spécial de police des chemins de fer, du port et de l’émigration de Bordeaux (ancêtre des Renseignements généraux) accuse réception de la photographie. Ces échanges de courrier illustrent la façon dont, en matière de sûreté de l’État, travaille alors la police : seule la préfecture de police est équipée pour reproduire des photographies mais c’est à la Sûreté générale que revient le soin de les diffuser sur le territoire.

Lot de photographies d’Émile Zola, 29 août 1898

Paris, Archives nationales, F7 16028-2 ; Bordeaux, archives départementales de Gironde, 1 M 431

Planches de dirigeants syndicalistes, vers 1905

Paris, Archives nationales, F7 13570

Dans les années 1900, c’est le développement de la presse illustrée qui entraîne un recours généralisé à l’image pour nourrir les dossiers. Dès lors, dans les bureaux et brigades des renseignements généraux, créés à la préfecture de police mais aussi au ministère de l’Intérieur, le travail quotidien se fait à partir de la presse, avec des ciseaux et de la colle. Les effigies d’anarchistes, de communistes, de syndicalistes, de bonapartistes, de royalistes, etc., commencent à agrémenter les enveloppes prévues à cet effet dans les dossiers des personnalités. Pour les individus moins connus, on a recours à des photographies de groupes, réalisées lors de réunions, de « meetings », à l’occasion des 1er Mai ou de congrès, parfois diffusées sous forme de cartes postales : le policier numérote sur la photographie tous les personnages qu’il a identifiés et en dresse la liste au verso.

Recueil de notices individuelles sur les caïds, cadis, chefs religieux et personnages influents du cercle de Fès-banlieue, vers 1913

Nantes, Centre des Archives diplomatiques, 1MA/100/135 (Fonds Maroc, direction des Affaires indigènes, n° 135)

Longtemps fermé à l’Occident, le Maroc est le champs clos des rivalité européennes au début du XXe siècle. La France sort gagnante de cette lutte et obtient un protectorat en 1912. Le général Lyautey, premier résident général, conscient de l’importance de l’image, fait réaliser quantité de reportages photographiques tant pour promouvoir son action que pour vanter la beauté du pays. Il est fort possible que ce soit à l’instigation de Lyautey que ces très beaux portraits furent réalisés pour agrémenter des notices vraisemblablement rédigées à l’état-major de l’armée ou dans les services civils du protectorat.

Recueil de notices individuelles sur les caïds, cadis, chefs religieux et personnages influents du cercle de Fès-banlieue, vers 1913

Nantes, Centre des Archives diplomatiques, 1MA/100/135 (Fonds Maroc, direction des Affaires indigènes, n° 135)

Recueil de notices individuelles sur les caïds, cadis, chefs religieux et personnages influents du cercle de Fès-banlieue, vers 1913

Nantes, Centre des Archives diplomatiques, 1MA/100/135 (Fonds Maroc, direction des Affaires indigènes, n° 135)

Recueil de notices individuelles sur les caïds, cadis, chefs religieux et personnages influents du cercle de Fès-banlieue, vers 1913

Nantes, Centre des Archives diplomatiques, 1MA/100/135 (Fonds Maroc, direction des Affaires indigènes, n° 135)

Recueil de notices individuelles sur les caïds, cadis, chefs religieux et personnages influents du cercle de Fès-banlieue, vers 1913

Nantes, Centre des Archives diplomatiques, 1MA/100/135 (Fonds Maroc, direction des Affaires indigènes, n° 135)

Recueil de notices individuelles sur les caïds, cadis, chefs religieux et personnages influents du cercle de Fès-banlieue, vers 1913

Nantes, Centre des Archives diplomatiques, 1MA/100/135 (Fonds Maroc, direction des Affaires indigènes, n° 135)

Recueil de notices individuelles sur les caïds, cadis, chefs religieux et personnages influents du cercle de Fès-banlieue, vers 1913

Nantes, Centre des Archives diplomatiques, 1MA/100/135 (Fonds Maroc, direction des Affaires indigènes, n° 135)

Recueil de notices individuelles sur les caïds, cadis, chefs religieux et personnages influents du cercle de Fès-banlieue, vers 1913

Nantes, Centre des Archives diplomatiques, 1MA/100/135 (Fonds Maroc, direction des Affaires indigènes, n° 135)

Recueil de notices individuelles sur les caïds, cadis, chefs religieux et personnages influents du cercle de Fès-banlieue, vers 1913

Nantes, Centre des Archives diplomatiques, 1MA/100/135 (Fonds Maroc, direction des Affaires indigènes, n° 135)

Recueil de notices individuelles sur les caïds, cadis, chefs religieux et personnages influents du cercle de Fès-banlieue, vers 1913

Nantes, Centre des Archives diplomatiques, 1MA/100/135 (Fonds Maroc, direction des Affaires indigènes, n° 135)

Recueil de notices individuelles sur les caïds, cadis, chefs religieux et personnages influents du cercle de Fès-banlieue, vers 1913

Nantes, Centre des Archives diplomatiques, 1MA/100/135 (Fonds Maroc, direction des Affaires indigènes, n° 135)

Recueil de notices individuelles sur les caïds, cadis, chefs religieux et personnages influents du cercle de Fès-banlieue, vers 1913

Nantes, Centre des Archives diplomatiques, 1MA/100/135 (Fonds Maroc, direction des Affaires indigènes, n° 135)

Recueil de notices individuelles sur les caïds, cadis, chefs religieux et personnages influents du cercle de Fès-banlieue, vers 1913

Nantes, Centre des Archives diplomatiques, 1MA/100/135 (Fonds Maroc, direction des Affaires indigènes, n° 135)

Recueil de notices individuelles sur les caïds, cadis, chefs religieux et personnages influents du cercle de Fès-banlieue, vers 1913

Nantes, Centre des Archives diplomatiques, 1MA/100/135 (Fonds Maroc, direction des Affaires indigènes, n° 135)

Recueil de notices individuelles sur les caïds, cadis, chefs religieux et personnages influents du cercle de Fès-banlieue, vers 1913

Nantes, Centre des Archives diplomatiques, 1MA/100/135 (Fonds Maroc, direction des Affaires indigènes, n° 135)

Recueil de notices individuelles sur les caïds, cadis, chefs religieux et personnages influents du cercle de Fès-banlieue, vers 1913

Nantes, Centre des Archives diplomatiques, 1MA/100/135 (Fonds Maroc, direction des Affaires indigènes, n° 135)


Exemples de fiches signalétiques d’individus évadés de Cayenne et arrêtés par la police du Venezuela, 1930

Aix-en-Provence, Archives nationales d’outre-mer, COL H 5356

Comme en témoigne cet échantillon de notices et de fiches de la police vénézuélienne des années 1930, la normalisation de la photographie judiciaire ne s’est guère imposée dans cette partie de l’Amérique. Quant à la dactyloscopie, quoique très utilisée, on remarque que la fiche décadactylaire n’est pas d’un usage très répandu.

Exemples de fiches signalétiques d’individus évadés de Cayenne et arrêtés par la police du Venezuela, 1930

Aix-en-Provence, Archives nationales d’outre-mer, COL H 5356

Exemples de fiches signalétiques d’individus évadés de Cayenne et arrêtés par la police du Venezuela, 1930

Aix-en-Provence, Archives nationales d’outre-mer, COL H 5356

 Exemples de fiches signalétiques en usage dans l’empire britannique (Port of Spain), 1930

Aix-en-Provence, Archives nationales d’outre-mer. COL H 5356

À la fin du XIXe siècle, la police britannique n’a pas suivi les préconisations de Bertillon en matière de photographie judiciaire. Grâce à un miroir disposé près du prévenu photographié, le procédé offrait une double image réalisée à partir d’une pose unique. Bertillon trouva un inconvénient majeur à cette pratique : le public était en mesure de reconnaître immédiatement l’origine judiciaire d’un portrait. En France, seul le portrait de face était en effet utilisé lors des enquêtes.

Exemples de fiches signalétiques en usage dans l’empire britannique (Port of Spain), 1930

Aix-en-Provence, Archives nationales d’outre-mer. COL H 5356

Exemples de fiches signalétiques en usage dans l’empire britannique (Port of Spain), 1930

Aix-en-Provence, Archives nationales d’outre-mer. COL H 5356

Exemples de fiches signalétiques en usage dans l’empire britannique (Port of Spain), 1930

Aix-en-Provence, Archives nationales d’outre-mer. COL H 5356

Album de photographies de la police allemande, 1935

Fontainebleau, Archives nationales, 19900061/25

Sur cet album vraisemblablement réalisé à des fins didactiques, on observe une caractéristique originale de la photographie judiciaire allemande : le portrait de ¾ face. Les origines de ce troisième portrait dans les fiches de la police allemandes sont obscures. Sous le IIIe Reich, on le retrouvera, de manière systématique, dans l’abondante production des services d’identification des camps de concentration.

Album de photographies de la police allemande, 1935

Fontainebleau, Archives nationales, 19900061/25

Plaques de verre du service photographique de la Sûreté générale : reproduction de fiches signalétiques étrangères dans le cadre de la coopération policière internationale, 1929

Paris, Archives nationales, F7 NC

Ces reproductions sur plaques de verre de fiches de polices étrangères montrent le succès international de la « fiche parisienne », à cette nuance près que Bertillon n’avait que très tardivement reconnu les mérites de la dactyloscopie… Dès 1914, à Monaco, le premier congrès de police judiciaire internationale émettait le vœu que la « fiche parisienne » soit prise comme modèle pour l’élaboration d’une « fiche signalétique internationale ». En 1923, Vienne devint le siège de la Commission internationale de police criminelle, ancêtre d’Interpol, et commença à centraliser les fiches des individus signalés et recherchés au-delà des frontières des États.

Plaques de verre du service photographique de la Sûreté générale : reproduction de fiches signalétiques étrangères dans le cadre de la coopération policière internationale, 1929

Paris, Archives nationales, F7 NC

Plaques de verre du service photographique de la Sûreté générale : reproduction de fiches signalétiques étrangères dans le cadre de la coopération policière internationale, 1929

Paris, Archives nationales, F7 NC

La photographie métrique d’Alphonse Bertillon. Identification judiciaire, anthropologie, archéologie, architecture, reproduction documentaire, expertise, médecine légale, histoire naturelle, topographie, etc., [s.d., début xxe siècle], Paris, établissements Lacour-Berthiot

Fontainebleau, Archives nationales, 19900061/24

Dès la fin du xixe siècle, des voix s’élevèrent pour dénoncer les impasses scientifiques auxquelles avaient mené la recherche obsessionnelle du « criminel-né » tout comme les innombrables catalogues de « types et races ». Toutefois, de par les vertus de précision qu’on leur prêtait et suite à leur adoption comme normes quasi-internationales, les techniques de la photographie judiciaire restèrent longtemps en usage dans les milieux scientifiques.

Recherches du Docteur Delisle sur les déformations artificielles du crâne : photographies d’hommes et de femmes présentant la déformation artificielle du crâne dite « toulousaine », 1889

Paris, Archives nationales, F17 3011

Datés de 1889, année du Congrès international d’anthropologie criminelle de Paris qui voit le triomphe de l’anthropométrie, ces documents montrent à quel point la police scientifique, la médecine et les sciences humaines se sont mutuellement nourries de leurs travaux. Le docteur Fernand Delisle (1836-1911), préparateur au Muséum d’histoire naturelle, membre de la Société d’anthropologie, se spécialise dans l’étude des déformations crâniennes dues à des pratiques locales (pressions exercées sur le crâne de l’individu par différents bonnets et serre-têtes). Il réalise de nombreux clichés de face et de profil d’hommes et de femmes présentant, dans la région de Toulouse et le département des Deux-Sèvres, des déformations artificielles du crâne. Ayant exposé les résultats de ces travaux au ministère de l’Instruction publique, il obtient, en 1890, une mission pour réaliser une « carte de la distribution des déformations artificielles du crâne dans les diverses régions de France ».

Recherches du Docteur Delisle sur les déformations artificielles du crâne : photographies d’hommes et de femmes présentant la déformation artificielle du crâne dite « toulousaine », 1889

Paris, Archives nationales, F17 3011

Recherches du Docteur Delisle sur les déformations artificielles du crâne : photographies d’hommes et de femmes présentant la déformation artificielle du crâne dite « toulousaine », 1889

Paris, Archives nationales, F17 3011