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Affaires

Crimes et rapines. Petites et grandes affaires de l’Est parisien (1880-1914)

1. Histoire de crimes et « voleries »

Plan du chapitre

Soustractions et contrefaçons

L’inventaire des faits divers de l’Est parisien livre un tableau haut en couleurs des abus, larcins et « voleries » commis au cours de la seconde moitié du XIXe siècle et du début du siècle suivant.
Au marché, à l’église et au cimetière, les mouvements de foule sont propices au vol à l’étalage ou à la tire.
Dans les parcelles cultivées, l’abondance des fruits et légumes maraîchers inspire les vols à l’escalade ou « délits des champs ».
Les caves à vin du maître suscitent la convoitise de l’apprenti hébergé à domicile.
L’artisan dérobe ses outils à l’aide inattentif, la couturière rafle des matériaux utiles à son négoce.
Dans les arrière-cours, les agents de l’État traquent les marchandises illicites et les allumettes de contrebande, souvent de meilleure qualité que les produits autorisés.


Rumeurs et calomnies
Si le vol reste sévèrement réprimé, la médisance et la calomnie ne sont pas les moindres des méfaits.
Les insultes échangées au lavoir entre employés et clients mécontents se soldent par des procès en diffamation. À l’hospice, les querelles entre factions de pensionnaires dégénèrent en pugilats.
Dans la rue, les comportements indécents et les rixes des cabarets mobilisent à toute heure les gardes champêtres et les sergents de ville, futurs gardiens de la paix.

Faits de bandes et bandes défaites

En marge des conflits ordinaires, des bandes plus ou moins hiérarchisées vivent de rapines, des vols commis avec violence. Leur spectaculaire préméditation nourrit les rapports fiévreux des premiers médias de masse.
Ce sont les récits des méfaits des « Apaches » ou les rebondissements du feuilleton de la « bande à Bonnot », dont les plus dangereux auxiliaires usent de luxueuses voitures volées pour commettre leurs forfaits avant de se tapir dans les recoins de Belleville.


Pour qui sonne le glas
Afin de punir les coupables et prévenir la récidive, la justice distribue les amendes, inflige les peines de prison, prononce l’exécution ou le bagne.
Les tribunaux publient le compte-rendu des châtiments infligés à chaque contrevenant, qu’il soit larron occasionnel ou criminel endurci, ainsi « cloué au pilori » de l’opprobre public.