Expositions

Prisons

La santé mentale en prison

4. Soigner la souffrance psychique en prison aujourd'hui

Plan du chapitre

Soigner les malades

Pour mieux soigner les malades, la psychiatrie du début du siècle se tourne tout d’abord vers la jeune science de la neurologie, ce qui donnera notamment naissance à la sismothérapie, utilisée à partir de 1938 sur un patient schizophrène par le neuro-psychiatre italien Ugo Cerletti. La diffusion des thèses avancées par Sigmund Freud puis Jacques Lacan apporte un nouveau regard sur la psychopathologie du criminel. Enfin, la découverte des vertus neuroleptiques du Largactil ® en 1952 par Jean Delay et Pierre Denicker à Ste Anne bouleverse les pratiques de la psychiatrie en France et dans le monde. Mais ce n’est qu’à la fin du XXe siècle que les premières études révèlent l’ampleur de la détresse psychique des détenus en prison ou en service psychiatrique.

Dr Sigmund Freud (1856-1939)

« Je suis né en 1856 à Freiberg en Moravie, dans l’Empire d’Autriche. Après avoir suivi des études de médecine et m’être spécialisé en neurologie, j’ai collaboré avec le Dr Josef Breuer, avec lequel j’ai publié les « Etudes sur l’hystérie » en 1895. Arrivé à Paris en 1885, j’assiste aux présentations de malades hystériques du Dr Jean-Martin Charcot à l’hôpital de la Salpêtrière, puis j’abandonne progressivement la technique de la suggestion et de l’hypnose pour la « cure par la parole ».  En 1896, j’ai baptisé du nom de « psycho-analyse » une nouvelle méthode de traitement des symptômes psychiques, basée sur l’association libre des idées menant droit à la découverte du désir inconscient.

Dr Jacques Lacan (1901-1981)

 « Je suis né le 13 avril 1901 à Paris. J’ai entrepris des études de médecine et me suis spécialisé tout d’abord dans la neurologie. J’ai ensuite passé mon internat à l’hôpital Ste Anne dans le service du Dr Henri Claude. Intéressé par la criminologie, j’ai exercé une année à l’Infirmerie Spéciale des Aliénés de la Préfecture de Police de Paris sous la direction du Dr Gaëtan de Clérambault. En 1932, j’ai publié ma thèse de médecine consacrée au cas d’Aimée, une patiente paranoïaque internée à la suite d’une tentative d’assassinat sur une actrice célèbre. Cette patiente m’a véritablement ouvert la voie vers la psychanalyse, chemin que je n’ai plus jamais quitté. J’ai transmis et enrichi l’enseignement des concepts fondamentaux de Freud sous la forme d’un séminaire public mensuel pendant 24 ans. » Jacques Lacan est décédé à Paris le 9 septembre 1981.

Le 2 février 1933, Christine et Léa Papin, deux sœurs employées comme domestiques, assassinent sauvagement la maîtresse de maison et sa fille, leur arrachant les yeux, les frappant avec un marteau et les ciselant à l’aide d’un couteau de cuisine. Arrivés sur les lieux des faits, les policiers pensent avoir affaire à un acte d'aliéné. Ils trouvent les deux sœurs couchées dans le même lit et un marteau ensanglanté à côté de la porte.

Conclusion

Etude épidémiologique

Cette bande dessinée retrace l’histoire vraie d’un homme condamné à 20 ans de prison ferme en France dans les années 80. Ce récit témoigne de l’indignité du système carcéral en France et des souffrances qu’il engendre, tant sur le plan de la santé physique que mentale.

Services de soins en prison

Le Service Médico-Psychologique Régional de Fresnes (SMPR), rattaché à l’hôpital Paul Guiraud, dépiste le risque suicidaire ainsi que les troubles mentaux présentés par les détenus dans un entretien d’accueil, au moment de leur admission à la prison de Fresnes. Il dispense les psychotropes et réalise des consultations psychothérapiques au long cours au sein de la prison avec les patients volontaires. Il a autorité pour hospitaliser d’office en psychiatrie les détenus présentant des troubles graves et refusant les soins. Ce service accentue ses efforts auprès des toxicomanes, des auteurs d’agressions sexuelles, et dans la prévention du suicide en détention. Enfin, le SMPR assure le suivi psychologique des personnes ex-détenues, avec et sans injonction de soins, au sein de sa consultation externe à Paul Guiraud.

L’Unité Hospitalière Spécialement Aménagée (UHSA)

L’Unité Hospitalière Spécialement Aménagée (UHSA) de l’hôpital Paul Guiraud est un hôpital à part entière situé dans une enceinte sécurisée, surveillée par des personnels pénitentiaires. Sa capacité est de 60 lits. Elle accueille les personnes détenues souffrant de troubles psychiatriques nécessitant une hospitalisation à temps plein, avec ou sans consentement, issues de toute l’Ile-de-France.

Le Réseau pour la Psychanalyse à l’Hôpital

Le Réseau pour la Psychanalyse à l’Hôpital - Ecole de psychanalyse, fondé en 1991, forme celles et ceux qui se destinent à occuper la position de psychothérapeute et de psychanalyste. Tous les cliniciens du RPH diplômés d’un titre universitaire, sont en psychanalyse personnelle et suivent un enseignement théorico-clinique, dans la tradition des travaux de Sigmund Freud et de Jacques Lacan. Ils reçoivent toute personne en souffrance (enfant, adolescent, adulte), quels que soient ses moyens financiers, dans les Consultations Publiques de Psychanalyse (CPP) situées à Paris, Nanterre et Fresnes. En 2014, ces dispositifs ont assuré plus de 26 000 consultations, parmi lesquelles celles de personnes ex-détenues qui souhaitaient poursuivre leurs traitement psychothérapique au-delà des murs de la prison. Par son action, le RPH vise ainsi à prévenir le passage à l’acte criminel par un meilleur accès aux soins psychiques et à favoriser une amélioration des conditions de vie psychique, affective, sociale et économique des personnes sortant de prison. Plus d’informations sur : www.rphweb.fr