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Le bagne des Îles du Salut (Royale, Saint-Joseph, Diable)

L'île du Diable

Lucile Quézédé (association AGAMIS)

Vue de l'île du Diable

Source : Lucile Quézédé

Sur un plan de 1854, l’île du Diable n’est pas habitée et comporte seulement trois baraques sur la pointe sud-ouest face à l’île Royale. Une prison prévue dans la partie nord n’a jamais été construite. Cette île a été dans un premier temps réservée aux détenus politiques. L’amnistie du 16 août 1859 permet à certains de rentrer s’ils font une déclaration d’allégeance au gouvernement de Napoléon III. En 1866, Tibaldi, condamné en 1857 pour “complot contre l'empereur”, est le dernier déporté présent sur l’île du Diable. En 1868 une épidémie de petite vérole ravage un des navires et elle est utilisée pour la quarantaine de 230 personnes. L'île est ensuite abandonnée aux lépreux, afin d'éviter les risques de propagation de l'épidémie. Ils seront finalement envoyés sur l’îlot de Saint-Louis du Maroni en février 1895. Leur campement fût rasé et brûlé pour permettre la détention du capitaine Dreyfus (1895-1899). L’île du Diable devient alors réservée aux condamnés politiques. Les arbres furent coupés pour éviter la construction de canots et un transbordeur reliait l’île du Diable à l’île Royale, car il était très difficile d’y accoster.

Case du capitaine Dreyfus

Source : Lucile Quézédé

Le capitaine Alfred Dreyfus est condamné pour trahison en décembre 1894 à la dégradation militaire et à la déportation en enceinte fortifiée. Il arrive sur l’île du Diable en mars 1895, où on lui a construit une case, ainsi que celles de ses gardiens. La case d’Alfred Dreyfus faisait cinq mètres de côté, avec une cuisine accolée.

En 1897, suite à des rumeurs d’évasion, une nouvelle case est installée au sommet de l'île. Il s’agit d’une cellule divisée en deux par une grille derrière laquelle se tenaient les gardiens. Une palissade en bois est édifiée autour de la case pour empêcher le déporté de communiquer avec d’éventuels bateaux qui croiseraient dans les parages. A côté est installé le poste des gardiens avec une tour de guet et un canon-révolver.

La première maison du capitaine Dreyfus est classée au titre des monuments historiques depuis le 30 décembre 1987 (modifié le 27 juin 2000).

Vue de l'île du Diable

Source : Lucile Quézédé

Vue de l'île du Diable

Source : Lucile Quézédé

Case du capitaine Dreyfus

Source : Lucile Quézédé

Case du capitaine Dreyfus

Source : Lucile Quézédé

Cases de déporté

Source : www.bagnedeguyane.fr

Après le départ d’Alfred Dreyfus, un camp est établi sur l’île du Diable pour accueillir les coupables "d'intelligence avec l'ennemi". Il se composait de deux alignements de sept petites cases en maçonnerie. La cuisine et les lieux d'aisance étaient intégrés au bâtiment principal.

Les déportés étaient livrés à eux-mêmes, sans gardiens car le lieu était suffisamment protégé naturellement.

Au nord-est de l'île un petit cimetière est composé d’une vingtaine de tombes. S’y trouvent quelques tombes de déportés, dont celle d'Emile Celesti Grevillot, mort le 10 décembre 1923, et qui avait témoigné pour le journaliste Albert Londres.