Magasin d'intendance (1825).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La station de probation de Darlington (Darlington Probation Station) se situe sur l'île de Maria (Maria Island) en Tasmanie. Ce site est marqué par deux périodes d'occupation pénale : de 1825 à 1832 et de 1842 à 1850.

Les seuls bâtiments conservés de la première période sont le pénitencier et le magasin d'intendance. Autour de ce dernier se situait initialement plusieurs bâtiments, notamment le quartier des officiers (aujourd'hui disparu).

Les textes de cette expositions sont traduits de ceux mis en ligne par le Department of the Environment, Australian Government et de ceux du Parks & Wildlife Service-Tasmania visibles sur le site de Darlington Probation Station.

Magasin d'intendance, 1900.

Source : Tasmanian Archives, NS869/1/321 (All Rights Reserved).

Une première jetée en pierre fut construite en 1828 et le pénitencier à cette époque (1825-1832) ressemblait à une usine qui réunissait plusieurs corps de métier et produisait de nombreuses marchandises.

Darlington Probation Station.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La première colonie pénitentiaire fut installée sur place en 1825. L'île offrait effectivement de nombreux avantages : elle permettait d'éviter les évasions et disposait de nombreuses ressources naturelles, comme de l'eau douce. Elle permettait également d'absorber des forçats issus d'autres pénitenciers tasmaniens, dont le nombre ne cessait d'augmenter. Ce site était donc idéal pour accueillir un pénitencier destiné aux forçats condamnés pour de nouvelles infractions commises sur le sol de la colonie. Ceux qui étaient condamnés une nouvelle fois pour les crimes les plus graves étaient pour leur part envoyés à Macquarie Harbour(Sarah Island).

Le pénitencier (1830).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Les cinquante premiers bagnards qui arrivèrent sur l'île sous la direction du lieutenant Peter Murdoch furent immédiatement employés à déboiser et à construire des habitations et des ateliers temporaires en bois. Les conditions d'installation et de vie étaient très dures : la nourriture manquait et les hommes souffraient d'ulcères, de scorbut et de furoncles. L'agriculture reposait sur l'élevage de moutons et sur l'exploitation de blé, de légumes et d'avoine.

Darlington Probation Station, 1834.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1374 (All Rights Reserved)

Durant la première période de colonisation pénale de l'île (1825-1832), le nombre de forçats oscillait de 52 à 259 individus, encadrés par un commandant, des officiers et des surveillants (15 soldats). Suite à des évasions de forçats et à l'ouverture du pénitencier de Port Arthur, le pénitencier de Maria Island fut abandonné. La colonie ferma en 1832 et tous les forçats furent internés au pénitencier de Port Arthur. Les terres furent alors louées comme pâturages.

Le pénitencier (1830).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le système de probation constitua la dernière phase majeure de la gestion de la population pénale en Australie orientale. Ce système fut mis en place à la suite de l'abolition du système de l'assignement, alors extrêmement critiqué. La commission d'enquête parlementaire sur la transportation, présidée par Sir William Molesworth, condamna le système d'assignement en vigueur en Australie et recommanda l'extension du système pénitentiaire, et tout spécialement l'usage de prisons d'isolement. Cette commission recommanda également l'établissement de nouvelles colonies pénales situées dans des lieux isolés où les forçats seraient chargés de construire des habitations temporaires, le temps d'y bâtir plus tard des structures pérennes.

Le pénitencier (1830).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

En Tasmanie, le gouverneur John Franklin fut chargé d'organiser le remplacement du système de l'assignement. Il proposa alors un système de probation qu'il expérimenta en Tasmanie à partir de 1839 : la mise en place de ce système représente un important bouleversement dans la gestion de la population pénale australienne. La philosophie qui sous-tend les stations de probation (probation stations) use de classification, de ségrégation, d'éducation, d'instruction religieuse et d'une gradation d'étapes dans la peine destinée à réformer et à gérer les forçats. Ce système reposait sur la séparation en trois classes distinctes des forçats et sur un aménagement architectural des pénitenciers organisé autour de cet objectif de classification.

Bureau du magistrat inspecteur et du directeur (Visiting Magistrate's and Superintendent's Office, 1846).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

L'architecture de Darlington était conforme aux idéaux de classification aménagés par le système de probation : cette station de probation répondait à un système architectural et topographique destiné à créer un espace répondant à ces nouveaux principes de réforme pénale.

Maison du pasteur (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Avec l'introduction du système de probation, Darlington fut rouvert en tant que station de probation en 1842. Avec le pénitencier de Cascades Female Factory, il fut l'une des toutes premières stations mises en place. Certains bâtiments bâtis durant la première période d'occupation pénale furent réemployés et un ambitieux programme de construction fut entrepris.

Darlington Probation Station, 1842.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1384 (All Rights Reserved)

Darlington Probation Station, 1849.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1385 (All Rights Reserved).

Maison de William Smith O'Brien (1842).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Les règlements exigeaient que les forçats soient séparés en trois classes distinctes. Les forçats progressaient à travers ces trois classes et, à chaque étape, ils évoluaient vers une amélioration de leur régime de travail et de leurs conditions de vie (nourriture et logement). Selon le comportement qu'ils observaient, ils progressaient à travers une crime class, une second class et une first class. Mais en cas d'indiscipline, ils pouvaient être réintégrés à la classe la plus basse ou subir un internement en cellule d'isolement. La première classe des bagnards était logée dans un bâtiment situé au sommet du pénitencier (l'ensemble est bâti sur une pente) et le quartier réservé à la troisième classe se situait en contrebas, tout en lui faisant face.

Quartier des officiers (1842).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La chapelle et la maison du directeur se situaient en bordure de l'entrée principale de la station, afin de rappeler aux forçats que l'adhésion aux règlements et à la religion constituait les clefs de la réforme. Les pénitenciers destinés aux forçats reposaient sur le même type d'organisation : ceux qui se comportaient bien étaient installés dans des dortoirs collectifs au sein du pénitencier situé en haut de la pente. Tandis que ceux qui étaient intégrés à la pire classe étaient internés dans le bâtiment des logements séparés (Separate Appartments), situé en contrebas. Le pénitencier comprenait également des cellules disciplinaires, une grange et un four à houblon (tous deux situés à l'extérieur de la station).

Chapelle (1847).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Durant la seconde période de colonisation pénitentiaire (1842-1850), la population de forçats atteignait près de 600 individus en moyenne. Parmi les 28 pénitenciers que comptait la Tasmanie, Maria Island était considéré comme le plus fructueux et celui offrant des conditions d'hébergement supérieures au personnel et aux forçats. Le pénitencier était également très productif en matières agricole et industrielle.

Boulangerie et magasin d'habillage (1843).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La station de probation de Darlington a fonctionné durant près de 8 ans, atteignant un pic de 492 forçats en 1846.

Boulangerie et magasin d'habillage (1843).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cuisine et dépôt de pain (1842).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Réfectoire (1845).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Réfectoire (1845).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cellules d'isolement (1842).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cellules d'isolement (1842).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cellules d'isolement (1842).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Coffee Palace (1888).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le Coffee Palace fut construit en 1888, sur l'emplacement du quartier des logements séparés des forçats, détruit par l'entrepreneur Diego Bernacchi.

Vestiges du quartier des logements séparés des forçats (1842-1846).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Vestiges du quartier des logements séparés des forçats (1842-1846).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Vestiges du quartier des logements séparés des forçats (1842-1846).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Vestiges du quartier des logements séparés des forçats (1842-1846).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Logements séparés, s.d.

Source : Tasmanian Archives, PH30/1/730 (All Rights Reserved).

Logements séparés, 1846.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1388 (All Rights Reserved)

Diego Bernacchi, 1910.

Source : Tasmanian Archives, PH30/1/2315 (All Rights Reserved).

Maison du surintendant adjoint (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Arrivé dans l'île en 1884, Diego Bernacchi loua le pénitencier et le transforma considérablement. Il y créa une vaste exploitation viticole qui comprenait près de 180 000 vignes et dirigeait près de 200 employés sur le site.

Exploitation viticole de Diego Bernacchi, s.d.

Source : Tasmanian Archives, PWD266/1/1393 (All Rights Reserved)

Maison du surintendant adjoint principal (1849).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Il planta également 200 mûriers destinés à alimenter les vers à soie qu'il cultivait.

Maison de l'instituteur (1922).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le pénitencier prit le nom de San Diego en 1888.

Darlington Probation Station.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

L'entrepreneur débuta également une exploitation de ciment, de marbre, de bois et de fruits et de légumes.

Maison Bernacchi 1 (1890).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Diego Bernacchi fit également édifier plusieurs maisons, toutes situées au dessus du pénitencier.

Maison Bernacchi 2 (1890).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Bernacchi Terrace 2 (1886).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Ces maisons furent construites avec des briques du pénitencier.

Bernacchi Terrace 1 (1886).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Darlington Probation Station, 1880.

Source : Tasmanian Archives, PH30/1/353 (All Rights Reserved).

Darlington Probation Station, 1910.

Source : Tasmanian Archives, NS1029/1/340 (All Rights Reserved).

Maison de madame Hunt (1920).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Eloignée et située face au pénitencier, cette maison a été construite en 1920.

Oat House (1844).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Construite en 1844, la maison de l'avoine (Oat House) fut bâtie par les forçats et destinée au séchage du houblon. Elle était relativement excentrée par rapport au pénitencier.

Oat House (1844).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le bâtiment comportait deux séchoirs.

Oat House (1844).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le bâtiment fut ensuite utilisé par Bernacchi pour son exploitation de vin, ce qui l'endommagea considérablement.

Oat House (1844).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Oat House (1844).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Oat House (1844).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Oat House (1844).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Station de probation de Long Point, 1845.

Source : www.parks.tas.gov.au

Une autre station de probation, installée à Long Point, fut édifiée en 1846. Construite sur le mode d'un bâtiment de logements séparés (Separate Appartments), elle a été abandonnée en 1850.

Entrée du pénitencier.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Entrée du pénitencier.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Entrée du pénitencier.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Maison des instructeurs religieux (1843).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Située en hauteur, face au pénitencier et à la baie, la maison des instructeurs religieux (Religious Instructor's Residence) fut construite en 1843. Elle jouxtait initialement l'hôpital et la maison du chirurgien (aujourd'hui disparus).

Maison des instructeurs religieux (1843).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cette maison accueillit ensuite Diego Bernacchi et sa famille.

Maison des instructeurs religieux (1843).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Grand Hotel (1888).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Face à la maison des instructeurs religieux se situait le Grand Hotel, construit par Bernacchi en 1888.

Grand Hotel (1888).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

L'hôpital fut détruit pour pouvoir accueillir ce vaste bâtiment inauguré officiellement en avril 1888.

Grand Hotel (1888).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Il fut construit sur le modèle d'une station thermale, à l'image des spas européens. Il offrait un très grand confort et ses aménagements étaient somptueux : il pouvait accueillir plus de 30 clients.

Grand Hotel (1888).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Ne rencontrant pas le succès escompté, l'hôtel fut rebaptisé The Links et s'agrémenta d'un golf. Mais il finit par faire faillite.

Grand Hotel (1888).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Dans les années 1890, une dépression économique entraîna la faillite de nombreuses banques. L'entreprise de Bernacchi, qui était naissante et en grande partie encore improductive, s'effondra du fait d'un manque de crédits. A partir de 1923, l'hôtel fut reconverti en bureaux pour la National Portland Ciment Company.

Grand Hotel (1888).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Après la fermeture de la cimenterie en 1930, le bois de l'hôtel fut vendu et l'édifice détruit.

Cimenterie (1922).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Située en contrebas du Grand Hotel et au dessus du magasin d'intendance, une cimenterie fut construite en 1922. Elle cessa définitivement son activité en 1930.

Cimenterie (1922).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cimenterie, 1906.

Source : Tasmanian Archives, NS479/1/126 (All Rights Reserved).

Vue de la jetée, 1890.

Source : Tasmanian Archives, PH30/1/85 (All Rights Reserved).

Grange (1844).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Située derrière la cimenterie, cette grange fut construite par des bagnards en 1844.

Cimetière (1825).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Le cimetière était destiné à accueillir initialement les sépultures du personnel pénitentiaire et de leurs familles. Il fut en activité de 1825 à 1942.

Cimetière (1825).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cimetière (1825).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cimetière (1825).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cimetière (1825).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cimetière (1825).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cimetière (1825).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cimetière (1825).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Cimetière (1825).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Maison de la famille Mill (1846).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

La maison de la famille Mill fut construite en 1846.

Emplacement du moulin (1847).

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Devant cette maison fut également bâti un moulin en 1847.

Moulin et grenier, 1900.

Source : Tasmanian Archives, PH30/1/6818 (All Rights Reserved).

Wombat.

Source : Jean-Lucien Sanchez.

Maria Island a été classée parc national en juin 1972 et réserve maritime en 1991. Outre les bâtiments historiques, une faune et une flore magnifiques y sont préservées : wombats, émeus, wallabies... Le site est également depuis 2010 classé au Australian Convict Sites World Heritage Property et est administré par le Tasmanian Parks and Wildlife Service.