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Histoire du droit pénal au Japon (18e-début du 20e siècle)

Les prémices de la peine privative de liberté

Maki Fukuda, Seishi Shirota

Ishikawajima ninsoku yoseba

Source : Saito, Yukio, Edo meisho zukai, t. 1, Yūōhdōshoten, Tokyo, 1928, p. 178-179

Au XVIIIe siècle, l’absence d’état civil ou le vagabondage posait problème au shôgunat. Pour le résoudre, le shôgunat commença par avoir recours à la transportation vers de petites îles ou aux travaux forcés. Mais cette politique ne fonctionna pas bien. En 1790, le shôgunat a donc établi le ninsoku yoseba (人足寄場), une sorte de Rasphuis, sur Ishikawasjima (une île de la baie de Tokyo) pour enseigner aux vagabonds un travail et permettre leur réintégration dans la société. À partir de 1820, les bannis qui avaient purgé leur peine y furent également envoyés. Au cours des décennies suivantes, le ninsoku yoseba devint progressivement une prison moderne, c’est-à-dire un lieu de réclusion, même s’il ne demeurait pour le shôgunat qu’une simple mesure de sûreté. Des établissements semblables ont ensuite été construits dans d’autres régions du pays.  

Ishikawajima ninsoku yoseba

Source : Ota, Nampo, Shokuzanjin zenshū, t. 5, Yoshikawa kōbunkan, Tokyo, 19097-1908, p. 242