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Fontgombault - École pratique de colonisation

Le bourg de Fontgombault se situe en Berry, dans le département de l’Indre, entre Poitiers et Châteauroux. Le bourg, l'abbaye et la fontaine de Fontgombault tirent leur nom de l’ermite Gombaud, un homme de haut lignage qui, au Xe siècle, se serait retiré du monde dans une cavité rocheuse près d’une fontaine. S’installera ensuite sur le même site une abbaye bénédictine, fondée en 1091 par Pierre de l'Étoile, qui résidera jusqu’en 1741. Lui succèdera une abbaye des Trappistes de 1849 à 1905, date à laquelle les bâtiments et les terres du monastère sont rachetés par Louis Bonjean. L’histoire de l’« école pratique de colonisation » de Fontgombault (1905-1909) est en effet liée à l’histoire de la famille Bonjean, philanthropes catholiques. Louis Bonjean (né le 24 janvier 1883) est le petit-fils de Louis-Bertrand Bonjean, président du Conseil d’État et ministre de Napoléon III, fusillé comme otage par les émeutiers de 1871, et le fils de Georges Bonjean, juge au Tribunal de la Seine et fondateur de la Société générale de protection pour l’enfance abandonnée ou coupable d’Orgeville. Créée en 1874 sur le domaine du château d’Orgeville, propriété de la famille Bonjean, cette société philanthropique est une colonie pénitentiaire privée qui accueille des mineurs confiés par l’Administration pénitentiaire après un passage en justice. Les mineurs y exploitent les terres de la propriété ou sont loués à d’autres propriétaires agricoles. Trente-une année plus tard, en 1905, Georges fait acheter l’abbaye de Fontgombault par son fils Louis pour y installer également une œuvre sociale. C’est Georges lui-même – Louis est retenu à Paris pour ses études de droit – qui y fonde d’abord une école pratique de colonisation (1905-1908) pouvant recevoir jusqu’à 200 pupilles des deux sexes, ainsi que des enfants « infirmes et arriérés ». Y sont dispensés des cours d’enseignement général, d’agriculture, de meunerie, de boulangerie, de menuiserie, de plomberie, de musique, de gymnastique et aussi de préparation militaire. Les établissement d’Orgeville et Fontgombault, annexe de l'œuvre d'Orgeville, fonctionneront pleinement entre les années 1880 et 1909. Or cette même année une information contre le directeur et les surveillants de l'École pratique de colonisation de Fontgombault est ouverte pour mauvais traitements infligés aux enfants confiés à leurs soins. Les négligences dans la scolarité des enfants et la longueur des journées de travail imposées sont mises en cause dans les rapports d’inspection.

Louis Bonjean devient maire de Fontgombault de 1910 à 1912. Il crée sur le site de l’ancienne abbaye une boutonnerie coopérative pour y employer une partie des ouvriers spécialisés qui viennent d’être licenciés de l’usine de Méru (Oise), et qui sont en grève. S’ajoutent à l’usine de boutons une cité-jardin, une infirmerie et une colonie de vacances. Lors de la Première Guerre mondiale, une partie des bâtiments de Fontgombault est réquisitionnée pour y placer des prisonniers allemands. Puis, les Bonjean propose l’abbaye de Fontgombault pour y accueillir un hôpital pour les blessés de l’armée belge. À la fin de la guerre, l’abbaye héberge le séminaire interdiocésain Saint-Martin de Fontgombault jusqu’en 1948, année où l'abbaye, Notre-Dame de Fontgombault de la congrégation de Solesmes, redevint bénédictine.