Bibliothèque / Juger la folie dans les tribunaux anglais XVIe-XVIIe siècles / Juger la folie dans les tribunaux anglais XVIe-XVIIe siècles

Juger la folie dans les tribunaux anglais XVIe-XVIIe siècles

Collection dirigée par Louis Fang (Péiade, Université Sorbonne Paris Nord)

Si le sujet de la folie dans l’Europe moderne a fait l’objet de nombreuses études littéraires et historiques, le traitement des personnes considérées comme « folles » dans les archives judiciaires de la première modernité anglaise reste encore relativement peu étudié dans le champ de l’histoire des maladies psychiques et mentales. En effet, une très large partie de l’historiographie anglophone à ce sujet s’est davantage concentrée – notamment pour réagir aux travaux de Michel Foucault[1] – sur les périodes plus tardives, ou encore sur les institutions privées[2]. Il est à noter également que cette période a aussi bénéficié en partie de la numérisation des fonds de la Cour du Old Bailey de Londres (1674-1913), plateforme dont il n’existe pas d’équivalent pour le XVIe siècle et la première moitié du XVIIe siècle[3].

Le défi principal pour l’étude de ce thème est la dispersion des documents dans les fonds des différents tribunaux qui pouvaient avoir à faire à des personnes considérées comme « folles ». Les documents les plus intéressants pour ce projet se trouvent ainsi dans plusieurs fonds : ceux des State Papers Domestic (SP) qui rassemblent l’ensemble des archives officielles et des documents administratifs du gouvernement anglais, ceux de la Court of Chancery (C), et de la Court of Wards and Liveries (WARD) qui avaient la charge des individus déclarés fous, ceux de la Star Chamber (STAC), ou Chambre étoilée, qui traitait d’affaires plus importantes ou était fait mention d’actes de violence, ainsi que ceux de la Court of Requests (REQ) destinée aux justiciables moins fortunés.

Cette collection a donc pour but de remédier à cette vision fragmentaire en proposant de rassembler une série de documents issus des Archives Nationales du Royaume-Uni (Kew) pouvant aboutir à une vision plus synthétique de la question pour une période dont le traitement judiciaire des maladies psychiques et mentales est encore mal connu.

Principes d’édition

Conformément aux principes usuels de transcription semi-diplomatique de la paléographie anglaise[4]. Ainsi, afin de faciliter la lecture, les abréviations, à l’exception des titres (Esq  Esquire ; Ld  Lord ; Gent.  Gentleman) ont été développées en italiques et les lettres en exposant ont été remises en corps normal (your), les lettres manquantes sont indiquées entre crochets, les lettres manquantes en raison d’un papier abîmé, plié, ou d’une tache sont indiquées entre accolades ({...})[5] et les sections plus longues effacées et/ou peu lisibles sont signalées par ([illeg.]). Les lettres manquantes non signalées par des marques d’abbréviations sont signalées entre crochets ([...]). Les majuscules et les lettres i/j et u/v n’ont pas été régularisées, les « y » pour -th- notamment dans l’article ont été normalisés (ye  the). Les traits et autres signes de remplissages occasionnels ont été rendus par le signe # (un par signe). Nous avons maintenu et numéroté les lignes afin de faciliter la comparaison à l’original.

Note sur la traduction

La traduction française des textes suit, comme la transcription anglaise, le lignage des documents originaux. Dans un souci de lisibilité et de compréhension, nous avons ôté toutes les marques indiquant abréviations et extensions, et nous avons choisi de rédiger dans un français contemporain mais empruntant des formules d’époque lorsque le droit français d’Ancien Régime présentait des équivalences exactes du contexte anglais. Certains termes anglais ont été conservés ou traduits de façon transparente et explicités en note afin d’en conserver l’exactitude.


[1] Sur la réception anglophone de M. Foucault voir : Colin Godron, « La réception de L’Histoire de la folie chez les historiens et les géographes : l’exemple anglo-saxon », in Philippe Chevallier et Tim Greacen, Folie et Justice : relire Foucault, Toulouse, éditions érès, 2009 ; Andrew Scull, The Insanity of Place/The Place of Insanity : Essays on the History of Psychiatry, London, Routledge, 2006, p.30-38.

[2] Voir par exemple, les travaux de Leonard Smith, Private Madhouses in England, 1640-1815: Commercialised Care for the Insane, Cham (Switzerland), Palgrave Macmillan, 2020.

[5] Le nombre de point correspond au nombre de lettres estimées, celles-ci sont aussi parfois indiquées lorsqu’on peut les déduire du reste du texte.