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Premier code français de procédure criminelle : Praxis criminis persequendi, elegantibus aliquot figuris illustrata

Author(s)
Milles De Souvigny (Jean)
Publication year
1541
Publication place
Paris
Editor
Simon de Colines
Number of pages
14
Source
Collection Philippe Zoummeroff
Observations

Édition originale du premier code français de procédure criminelle issue du prestigieux atelier de Simon de Colines.

Avocat à Toulouse, Jean de Milles fut un temps prévôt du Châtelet de Paris.

“L’originalité de l’œuvre de Milles de Souvigny tient à sa forme : à partir d’un crime imaginaire, un récit explique la procédure pénale [...].

L’enquête est menée par les juges. Milles rédige donc à titre de modèle pour les jeunes magistrats toutes les pièces de la procédure (poursuite d’office, poursuite sur dénonciation, déclaration des médecins examinant le corps, citation à comparaître, etc.), en évoquant les incidents éventuels (lettres de rémission, évasions). [...] Les illustrations reprennent tous les détails du récit et ont sans doute été contrôlées par l’auteur” (Paris capitale des livres, 2007, n° 46 : notice de Geneviève Guilleminot-Chrétien).

Les 13 bois à pleine page, en premier tirage, sont attribués au Maître de François de Rohan, peut-être d’origine suisse. Ils restituent l’histoire de la procédure, depuis l’assassinat de bourgeois sur une place publique jusqu’à l’exécution des coupables : trois d’entre elles montrent les supplices auxquels les prévenus furent soumis.

Geneviève Guilleminot-Chrétien fait observer combien les gravures “contribuent à ancrer l’histoire de ce crime dans la vie parisienne : on reconnaît bien la fontaine de la Croix-du-Trahoir, dans le quartier des Saints-Innoncents. Un guet-apens nocturne y est organisé par un gentilhomme qui a perdu un procès et qui se venge en faisant tuer ses adversaires et leur avocat par des soldats déserteurs. Des détails pittoresques animent les illustrations : ainsi, dans la scène de l’arrestation, voit-on les coupables au lit, à table, jouant à la paume ou se promenant hors les murs. La scène finale des exécutions publiques évoque un “spectacle” qui n’est pas inhabituel pour la foule du XVIe siècle.”

(Rahir, Bibliothèque de l’amateur, p. 539.- Brun, Le Livre français illustré de la Renaissance, 250.- Renouard, Bibliographie de S. de Colines, 1894, p. 342 : “Cet ouvrage est antérieur de dix ans à celui de Damhoudère, qui est orné de figures bien inférieures comme exécution aux figures du Praxis criminis”.- Harvard, French Sixteenth Century Illustrated Books, n° 374).

Notice extraite du catalogue Philippe Zoummeroff. Crimes et châtiments (livres - manuscrits - photographies - dessins), Pierre Bergé & Associés, 2014.