Autel portatif pour aumônier des prisons
- Author(s)
- Anonyme
- Publication year
- None
- Editor
- s.e.
- Number of pages
- 2
- Source
- ENAP/CRHCP
- Cote
- N° 14.327
- Scanned by
- Mathieu Monceaux
- Observations
-
Cette boîte en bois contient un autel portatif, permettant à l'aumônier d'exercer le culte en détention. La boîte en bois renferme certains des objets liturgiques nécessaires à la messe : un calice, un ciboire sans son couvercle (ou un deuxième calice ?) et deux petits récipients : une patène, c'est-à-dire un récipient rond accueillant la grande hostie, ainsi qu'un petit plateau servant à placer les deux burettes, à ce jour manquantes. Des recherches récentes ont montré que les liens entre la prison et la religion sont anciens : tant dans les pratiques que dans les dispositions spatiales, l'histoire de la clôture monastique médiévale et l’histoire de la peine privative de liberté, toutes deux reliées par la notion d’enfermement, ont de nombreuses analogies. Plus près de la période que recouvre le fonds étudié ici, la religion prend dès la fin du XVIIIe siècle et sous l'effet des réflexions occidentales réformatrices, une place majeure dans l'espace carcéral et interroge les experts pénitentiaires et les architectes. Par exemple, John Soane (1753-1837), architecte renommé en Angleterre à partir des années 1790, tenant de l’architecture néo-classique, propose une série de projets de prisons qui organisent à grande échelle des complexes pénitentiaires tripartites dans le but de correspondre au Penitentiary Act (voté en 1779 et engageant une réforme majeure des prisons) qui indique trois régimes de détention différents : la chapelle est au centre du dispositif spatial pour chaque catégorie. Dès ces premiers projets qui suivent la réforme pénitentiaire en Angleterre et qui constituent des modèles architecturaux, plusieurs caractéristiques spatiales paraissent dominantes, à savoir : la présence centrée de la chapelle, la disposition cellulaire et la complexité géométrique soumise à la symétrie parfaite, trois éléments récurrents dans l’histoire de l’architecture des prisons du XIXe siècle. À la fin du XIXe siècle, le décret du 11 novembre 1885 supprime l'obligation d'assister aux offices religieux, et au XXe siècle, l'impératif d'une prison organisée autour de l'autel et du culte s'efface au profit de la laïcisation et d'une cohabitation progressivement plus importante entre les différents cultes. Dans cette configuration, l'autel portatif prend toute son importance : il permet de faire entrer la religion en détention de façon plus flexible, pour exercer le culte dans d'autres espaces que la chapelle.
Matériaux : argent, tissu, bois et métal
Dimensions : hauteur : 19,5 cm ; longueur : 37,3 cm ; largeur : 19,5 cm
État : moyen : traces de tâches sur le tissu intérieur de la boîte et le linge de cérémonie, oxydation de tous les éléments de l'autel et usures de la surface. Datation : XIXe siècle
Transfert MNP Fontainebleau (2013-2014)
Rédaction de la notice : Elsa Besson - Tags
- cultes religieux – prison – religions
- Complete facsimile
- CRHCP_14_327_criminocorpus.pdf (3.6 MB)
