« L’assassin Lafortune dansait pour charmer ses gardiens », Noir et Blanc, 21 mai 1952 [article de presse]
- Author(s)
- Anonyme, Ubaud (Albert)
- Publication year
- 1952
- Publication place
- Paris
- Editor
- Noir et Blanc
- Number of pages
- 2
- Source
- Collection Musée Ernest Cognacq/Fonds Albert Ubaud
- Scanned by
- Musée Ernest Cognacq
- Observations
-
Ce document est issu du carton 2013.4.29 “Forçats. Extraits de dossiers”, dossier 2013.4.29.12, “Lafortune”.
Coupure de presse, extraite du magazine Noir et Blanc ; l’article est rédigé par un ancien fonctionnaire de l’administration pénitentiaire qui n’est pas nommé.
Le narrateur revient sur certains épisodes marquants de sa vie en tant que fonctionnaire en poste en Guyane ; alors qu’il était appelé aux Îles du Salut pour élucider le meurtre d’un gardien, il croisait Lafortune. Il utilise cette accroche pour raconter brièvement les exploits criminels de ce dernier et sa place au bagne.
Il apparaît que dans cette histoire, comme dans d’autres qui nous sont précisées par l’article, Lafortune voulait toujours apporter sa pierre à l’édifice du récit, proposant de témoigner. L’ancien fonctionnaire s’interroge alors sur le pourquoi de cette volonté d’aller devant un tribunal témoigner et obtient la réponse dans le cadre d’une affaire de tortures commises contre les condamnés.
Ici, des gardiens sont accusés d’infliger de terribles sévices aux détenus ; il est notamment découvert que certains condamnés portent « aux chevilles des anneaux à l’intérieur desquels étaient pratiquées des entailles coupantes ; de cette façon le moindre mouvement était, pour ces malheureux, une atroce torture ». Il mentionne sa rencontre avec « deux pauvres diables, les yeux hors de la tête, la bave coulant sur leur menton, [qui montrent] en tremblant leurs chevilles en putréfaction et leur chair taillée jusqu’à l’os par les anneaux coupants ».
Là encore, Lafortune souhaite témoigner.
Notre narrateur raconte apprendre, plus tard, que ce forçat voulait témoigner pour profiter du trajet et chercher à s’évader, aider de sa famille installée à Saint-Laurent-du-Maroni.
L’article se clôt sur la fin de vie de Lafortune : relâché à Saint-Laurent en 1944, il était atteint de syphilis et aveugle. Il mourut en 1947, à l’hôpital, abandonné de tous.1 feuille recto verso.
- Tags
- Guyane – Ubaud (Albert) – bagne – Lafortune – presse
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