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Poulpe fiction. Les 20 ans de la collection "Le Poulpe"

Poulpe fiction. Les 20 ans de la collection "Le Poulpe"

Bibliothèque des littératures policières

15 April 2016

Créé en 1995 par Jean-Bernard Pouy avec La Petite écuyère a cafté, adapté au  cinéma par Guillaume Nicloux, Le Poulpe, alias Gabriel Lecouvreur, fête cette année ses vingt ans.

La légende veut que ce nouveau héros de romans policiers populaires soit né lors d’une soirée enfiévrée qui réunissait Jean-Bernard Pouy, Patrick Raynal et Serge Quadruppani, au cours de laquelle tous trois s’engagent à donner un nouveau souffle à la littérature de gare. Leur intention est ainsi rapportée par Michel Abescat dans Le Monde des livres le 3 février 1996 :

« En fait, c’est le constat du déclin de la littérature populaire qui a tout déclenché. Regardez dans les gares, par exemple. Aujourd’hui, qu’est-ce que vous trouvez en fait de polars ? Le bas de gamme le plus exécrable : « SAS » ou « L’exécuteur ». Paradoxalement, ce sont les efforts de certains intellectuels pour soutenir le genre et en rehausser le niveau qui ont fini par lui nuire. A force de répéter que la littérature noire est une littérature à part entière – ce qui, entre parenthèses, est une évidence – elle a fini par perdre la place qui était la sienne. A l’époque des gros tirages, ce qui faisait des titres de la « Série noire » une véritable collection populaire, c’est qu’ils étaient lus dans le train, en l’espace de trois heures, entre Paris et Limoges par des militaires aussi bien que par des PDG ! C’est cet esprit-là que nous voulions retrouver. Parce que nous sentions bien, en lisant par exemple des revues spécialisées, que tout le monde regrettait Vidocq et Arsène Lupin. Parce que le succès de Navarro et de Julie Lescaut à la télévision crevait les yeux.

Le déclic, ce fut le déferlement suscité par Pulp Fiction, le film de Tarantino. En pleine célébration de la « Série noire » ! Nous aussi, nous allions remettre les pulps au goût du jour. A la française. En créant une série de romans noirs populaires dont le héros s’appellerait… le Poulpe, évidemment !  Dès l’origine, nous avons voulu un héros de gauche. Pour faire le pendant à SAS ou à L’exécuteur, représentants musclés d’une certaine droite crypto-fasciste… Mais le Poulpe, c’est d’abord un libertaire, parfaitement capable de titiller les anciens gauchistes, par exemple ».

Gabriel Lecouvreur, surnommé Le Poulpe pour la longueur de ses bras et parce qu’il faut taper dessus pour l’attendrir, est ainsi devenu le héros de près de 200 romans édités par les éditions Baleine et écrits (presque) à chaque fois par un auteur différent. Le Poulpe se définit comme “un personnage libre, contemporain, curieux, qui va fouiller dans les désordres et les failles du quotidien”. Anar sans être justicier, il enquête sur des faits divers a priori anecdotiques mais qui expriment, à tout instant, la maladie de notre monde.

Si Jean-Bernard Pouy avec La Petite écuyère a cafté a créé une grande révolution dans le microcosme « polardeux » et une nouvelle veine littéraire avec le personnage du «  Poulpe » qu’il allait s’empresser de remettre entre les mains de nombreux autres auteurs, il ne faudrait pas oublier qu’un dessinateur, un artiste, a fait le lien entre chaque épisode et chaque auteur : Miles Hyman.

Né dans le Vermont, Myles Hyman débarque à Paris en 1985 pour étudier le dessin aux Beaux-Arts. Ses premières illustrations paraissent dans Lire ou dans des publications éditées par Autrement et Eden. Il illustre, chez Futuropolis, Manhattan Transfert de John Dos Passos, puis L’Agent secret de Joseph Conrad. Illustrateur de presse remarqué (Le Monde, Libération, Le New Yorker Magazine New, The Boston Globe, The New York Times, la revue XXI, Muze, The International Herald Tribune, Télérama…), il est devenu, dès 1995, le dessinateur attitré de la collection Le Poulpe pour laquelle il a illustré plus de 200 titres. A noter que ces derniers, aux couvertures attractives et colorées, sont toujours des jeux de mots ou des palindromes. Pour le plaisir, en voici quelques-uns : L’amour tarde à Dijon, Ouarzazate et mourir, Nazis dans le métro ou encore Une valse de slave nu.

La BILIPO revient sur cette aventure éditoriale en exposant quelque 80 originaux de ce remarquable artiste. Aux côtés de ces œuvres récemment acquises par la bibliothèque, archives, objets, livres et bandes dessinées permettent de suivre les soubresauts d’un céphalopode qui n’en finit pas de jeter son encre dans les eaux boueuses de la littérature policière.

Catherine Chauchard, directrice de la BiLiPo.

Édition en ligne : Delphine Usal, chargée d’édition, Criminocorpus Lab.

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Poulpe fiction. Les 20 ans de la collection "Le Poulpe"

Auteurs :
Bibliothèque des littératures policières.

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Bibliothèque des littératures policières. Poulpe fiction. Les 20 ans de la collection "Le Poulpe", Musée Criminocorpus published on 15 April 2016, consulted on Sept. 11, 2026. Permalink : https://criminocorpus.org/en/ref/176/69/