Les mouvements rebelles périphériques en Corse, Euskadi et Irlande du Nord recherchent tous un surplus de légitimité, au-delà du soutien dont ils bénéficient dans leur sphère d’influence locale. Cette reconnaissance extérieure passe souvent par la construction, plus ou moins artificielle, d’une filiation historique ou dogmatique, avec d’autres luttes menées par des « peuples frères » ou avec des figures emblématiques d’une révolte romantique.
Basques et Irlandais partagent un semblable sentiment de destin commun qui conduit les graffeurs des deux régions à proposer des transferts d’expériences, évoquant leurs luttes indépendantistes similaires et produisant ainsi l’illusion d’une « Europe des petites nations » en marche vers sa reconnaissance. Catalans, Écossais et bien sûr Palestiniens dont la cause anti-impérialiste et très lisible en termes moraux, fonctionnent comme autant d’étendards des peuples soumis.
