2. Les personnages

Plan du chapitre

Gabriel Lecouvreur, dit le Poulpe

Né un 22 mars 1960 à Paris 11e : oui, c'est vrai, mais étant donné que la série continue, il sera préférable de ne plus faire mention précisément de son âge ; le Poulpe est plutôt à considérer comme un éternel quadra. Brun, cheveux un peu bouclés. Grand, 1,85 mètre, normalement musclé. Peau blanche (taches de rousseur sur les épaules). Un petit tatouage (un A entouré d'un cercle, datant de l'armée) sur le biceps gauche. Un peu lourdaud, grands bras envahissants dont il ne sait, apparemment, que faire, longues jambes un peu gauches (c'est pour cela qu'on le surnomme le Poulpe). Ne fait pas très attention à sa tenue vestimentaire. Aime quand même les casquettes. A son franc-parler (mais il est cultivé, souvenirs de fac). Adore se déguiser, se grimer, jouer des rôles pour les besoins de son enquête. Père imprimeur, mère sans profession. Fils unique (ses parents sont morts dans un accident de voiture quand il avait cinq ans). Élevé par son oncle paternel et sa tante (Tonton Émile et Tata Marie-Claude, commerçants - ils tenaient une quincaillerie, d'où la bonne connaissance de Gabriel en bricolage divers). Décédés eux aussi (Émile de maladie, les poumons, et Marie-Claude de chagrin), il lui ont laissé un pécule suffisant, par héritage, qui a juste permis à Gabriel de survivre et d'échapper au salariat en ne prenant que des petits boulots. Gabriel vit à l'hôtel et en change souvent (établissements modestes). C'est en effet plus pratique, et il se refuse à laisser des traces trop prégnantes (impôts, EDF, téléphone). La discrétion est de mise dans toutes ses enquêtes. Recherché par la police, ou plutôt surveillé pour ses agissements trop mystérieux pour être honnêtes, le Poulpe est un personnage étrange qui pique la curiosité des forces de l'ordre. Gabriel sait se battre, (genre baston de rue) mais, comme disaient les gauchistes de tout poil, l'ennemi court toujours moins vite qu'une balle de revolver. Est plutôt du genre bricolo. À chaque fois, il se démerde. Études assez bordéliques (plusieurs lycées dans les années post 1970), mais le Bac en 78, deux années de fac, petits boulots en tous genres, activisme un peu débridé mais jamais démenti et, gaulé sur un coup foireux (attaque d'une librairie d'extrême droite en 79), envoyé aux armées disciplinaires où il apprend le maniement des armes. Depuis qu'il a été recueilli par son oncle et sa tante, a vécu longtemps dans le 11e, rue Basfroi. C'est pour cela qu'il fréquente toujours le café-bar Au pied de porc à la Sainte-Scolasse, avenue Ledru-Rollin dans le 11e, tenu par Gérard, un des plus proches amis du Poulpe. Gabriel est ce qu'on pourrait appeler, sexuellement, un pervers polymorphe. Rien, a priori, ne lui fait peur.

Cheryl : Il a une amie, Cheryl, un peu plus jeune que lui, née à Vitry-sur-Seine, conçue pour contrer «les potiches de la haute ». Coiffeuse et propriétaire d'un petit salon rue Popincourt (voir annexe), avec laquelle il noue et maintient des relations sexuelles et amicales, chacun restant sur la défensive. Il la connaît depuis l'école de la rue Saint-Bernard, et peut compter sur elle en cas de coups durs (blessures ou repos du guerrier : voir annexe, son appartement). Cheryl est la « régulière » de Gabriel. Mais, comme lui, en toute compréhension, a de nombreuses aventures sans lendemain. Leur mutuelle « fidélité » est celle du cœur. En aucun cas ils ne pourront se séparer vraiment, à part le temps d'une aventure, pour mieux se retrouver. Cheryl est blonde, tirée à quatre épingles, un corps formidable et peut avoir, en certaines occasions, un langage de charretier. Mais se pique de distinction et d'élégance. Connaît tous les potins du quartier. Intelligente, et suffisamment cultivée pour épater Gabriel de temps en temps. Nantie d'un certain franc-parler qui la rend invariablement de bon conseil, elle n'a rien d'une potiche qui attend son aventurier en tremblant. Cheryl, contrairement à tous les autres personnages de la série, est la seule à demeurer en relation avec Gabriel pendant le déroulement de l'aventure. Les parents de Cheryl se sont vite installés rue de Charonne, dans le 11e (au 77), juste en face du Palais de la Femme (siège d'un refuge pour femmes en difficulté, géré par l'Armée du Salut). Son père, Raoul, était tapissier à son compte (dans la cour du 77). Sa mère (au curieux prénom d'Enorie) était femme au foyer. Ses parents, à la retraite, habitent une petite maison à côté de Nîmes, à St-Bonnet-du- Gard, au bord de la Nationale 86. Cheryl a fait ses classes de primaire à l'école de la rue Saint-Bernard, où elle a rencontré Gabriel, puis s'est arrêtée à la fin de le troisième pour faire coiffure à l'Institut Carita. Son salon de coiffure, rue Popincourt, a été payé par ses parents qui, partant dans le sud, ont revendu leur boutique de tapissier.

Gérard... et Maria, Vlad et Léon

Celui-ci est d'autant plus important qu'il constitue souvent le point de départ des aventures du Poulpe. En effet, c'est le cafetier qui lui donne le journal, ou qui commence à évoquer telle ou telle affaire. Il est le détonateur de l'action. Il y a quelque chose d'irrésistible dans leurs conversations, qui provient peut-être du contraste entre la finesse d'analyse de Gabriel et la lourdeur pataude de Gérard. Gérard est un personnage éminemment attachant. On en a la preuve dans Lundi, c'est sodomie, de Romain Goupil, où Maria, sa femme, est atteinte d'un cancer. Lors d'une visite à l'hôpital, on découvre, en demi-teinte, un Gérard beaucoup plus tendre qu'à l'accoutumée, qui, « après un rapide baiser, s'affairait dans la chambre comme un gamin ». Il a environ 60 ans, échalas ventru, moustachu et fort en gueule, originaire de Sainte-Scolasse près d'Alençon. Il est aidé par sa femme Maria, d'origine espagnole, petite bonne femme nerveuse et secrète, mais gentille et maternelle. Elle sert également en salle. Ayant bien connu les parents de Gabriel, elle est devenue très proche du Poulpe. Le caractère épais de son mari contraste avec le sien. Elle est la pièce motrice du Pied de porc à la Sainte-Scolasse. Il y a un aide cuisinier, Vlad, un grand roumain ombrageux, travailleur, vaguement clandestin, bien qu'on ne sache pas trop. Vlad, d'après Gérard, était un grand médecin en Roumanie, avant de choisir, en 75, de quitter définitivement son pays. C'est un personnage réservé, dont les apparitions sont brèves, mais régulières. C'est dans J'irai faire Kafka sur vos tombes, de Michel Chevron, qu'il revêt une importance supplémentaire, puisque c'est par son intermédiaire que va débuter l'aventure. Nul doute qu'il forme, avec Gérard et Maria, le trio indissociable du café-bar. Il y a aussi Léon, un vieux berger allemand paranoïaque, mort dans les derniers épisodes, mais récemment remplacé par un autre, Léon II.

Pedro

Pedro (accessoire, mais pourquoi s'en priver ?) : Gabriel maintient des relations amicales avec un vieil imprimeur catalan rangé des voitures, Pedro (ambiance début de siècle, mi-apache mi-brigadiste), 65 ans, ancien copain de travail de son père, avec qui il s'engueule gravement (généralement pour des questions extra-idéologiques, du genre sportif, érotique ou autre). Ce « vieil anarchiste catalan » possède une imprimerie clandestine sur sa péniche. Habitué à se méfier de la police et de l'État (il a « connu les privations et les atrocités des geôles fascistes »), il possède toute une panoplie de faux-papiers qui servent régulièrement à Gabriel. De même, il est « depuis toujours fournisseur d'armes pour les bonnes causes et les vrais amis ». Ce personnage, possède lui aussi des caractéristiques très particulières, qui en font un élément important de la fiction : sa vie sur la péniche, son « goût pour le parler codé », son passé de résistant à l'oppression fasciste (il était membre de la colonne Durutti), jusqu'à ses cigarettes Seita, tout concourt, d'une part à entourer ce personnage d'un halo de mystère, et d'autre part à susciter l'intérêt et l'attachement.

Jacques Vergeat

Jacques Vergeat (accessoire) : Gabriel a un ennemi récurrent (mais accessoire),

Jacques Vergeat (59 ans), fonctionnaire aux RG au bord de la retraite, qui le piste à la trace et ne le rattrape jamais. Chauve, solitaire, maniaque vestimentaire, amateur de bon vin, pervers et opiniâtre. Ce personnage peut ne pas être important, mais si la loi apparaît, ça se fera à travers lui, qui est le seul à instruire la vraie « croisade » de Gabriel.

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