Prisons. Objets et documents
Collection proposée en partenariat avec le Centre de ressources sur l'histoire des crimes et des peines (CRHCP) de l'École nationale d'administration pénitentiaire. Les pièces présentées proviennent de ses fonds, sauf mention contraire. Ouverte à l'occasion du lancement du musée d'histoire de la justice, des crimes et des peines, cette collection a vocation à être progressivement enrichie.
DU MUSÉE NATIONAL DES PRISONS À L’ESPACE PÉDAGOGIQUE PIERRE CANNAT
La fermeture progressive puis définitive du Musée national des prisons à Fontainebleau en juillet 2013 a conduit, en accord avec la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP), au transfert de près de 800 objets et effets de toutes tailles et origines à l’École nationale d’administration pénitentiaire (Enap). C’est ainsi que l’espace pédagogique de la mémoire pénitentiaire Pierre Cannat a vu le jour, et qu’il est devenu, dans les traces de l’ancien Musée national des prisons, un outil de médiation de l’institution qui permet d’appréhender les changements de l’institution pénitentiaire depuis l’Ancien Régime jusqu’à aujourd’hui et de découvrir, à travers le témoignage des objets et les documents présentés, des aspects de la vie carcérale du passé méconnus ou ignorés. Axé également sur les métiers, les pratiques professionnelles et la réalité carcérale, l’espace Cannat est aussi un espace du temps présent, un lieu « vivant » tendant à apporter des réponses sur la réalité carcérale d’aujourd’hui à des publics très variés, personnels pénitentiaires en tête.
Cette collection en ligne a été complétée grâce à une recherche débutée en 2023 et coordonnée par Criminocorpus Lab (UAR CNRS 3726), Le Département des archives, de la documentation et du patrimoine du Secrétariat général du ministère de la Justice et Le Centre de ressources sur l’histoire des crimes et des peines de l’École nationale d’administration pénitentiaire (ENAP). Celle-ci a permis une étude historique approfondie des objets conservés à l'ENAP par le CRHCP - pour partie issus des fonds de l'ancien Musée national des prisons de Fontainebleau. Réalisée par Elsa Besson, docteure en histoire de l’architecture et maître de conférences associée à l’École nationale supérieure d’architecture de Marseille, cette enquête dans la collection a permis de soulever des enjeux patrimoniaux et muséographiques majeurs, mettant en lumière certains objets aux origines méconnues, aux conditions de fabrication non documentées, aux parcours incertains autant que des objets appartenant à l'histoire des arts, facilement identifiables et valorisables.
Ainsi, cette collection conserve des objets singuliers, pour certains irréductibles à la prison, pour d’autres produits par et dans la prison : des objets permettent de retracer des histoires personnelles, des évènements officiels ou tragiques, des tentatives d’évasions et gardent traces de gestes artistiques ou illicites. Ils sont alors propres à l’univers carcéral (yoyo, machine à tatouer artisanale, transistors de fortune) quand d’autres sont des « objets transfuges », permettant l’exil de la prison, par l’imaginaire tout du moins : la forêt amazonienne guyanaise peinte par des bagnards, Cahors et son célèbre pont représentés par un détenu de la maison d’arrêt, la maquette d’un voilier. Parfois, des objets autobiographiques sont identifiables, plus bavards que d’autres : par exemple le caillou sculpté du prisonnier politique Baron à Clairvaux pendant la Commune de Paris ou l’autoportrait peint par Francis Lagrange. Ailleurs, c'est l’histoire évènementielle de la prison ou l’histoire plus linéaire de l’institution qui se dessinent à travers l’inertie des pratiques qu’impose le cadre administratif, comme le bertillonnage par exemple.
Liens utiles :
Médiathèque Gabriel Tarde et Centre de ressources sur l’histoire des crimes et des peines (CRHCP)
Espace pédagogique Pierre Cannat
À lire :
Elsa Besson, « La brique et la petite cuillère : sources matérielles du patrimoine carcéral », Criminocorpus, Les sources de la recherche, 18 février 2026.
