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Côté filles, Brécourt... (1998)

Titre complet
Côté filles, Brécourt...
Auteur(s)
Basdevant (Michel)
Source
Collection Michel Basdevant

« …Côté filles, Brécourt… »

Pourquoi ce titre ?

L’institution pour filles de Brécourt se situe à Labeville dans l’ancienne Seine-et-Oise, aujourd’hui Val-d’Oise. S’il est vrai que la prise en charge des garçons avait évolué, celle des filles, malgré des « améliorations » et la bonne volonté des personnels, traînait encore l’héritage des Bon Pasteur. En étudiant cette prise en charge, on ne peut que s’interroger sur l’image ancienne, stigmatisante, de ces filles, de leur corps, de ces « mauvaises graines » rusées, vicieuses ; représentations qui trônaient en majesté dans la tête des professionnels… Et puis, la lutte des femmes, 1968, traversent la formation des éducateurs et des éducatrices. En ce temps-là, une bonne éducatrice devait être célibataire. Dans ma mémoire lointaine, « Côté filles » doit faire allusion à une publication des Éditions des femmes ou du Mouvement de Libération des Femmes. Belle époque.

Souvenirs de tournage. Remontons le temps. 1980, un collègue de Vaucresson m’invite à aller à Brécourt filmer des musiciens. Je pars avec un magnétoscope National à bobine ½ pouce sans zoom électrique ni autofocus, alimenté par une batterie de moto dans un grand pot de moutarde, porté en bandoulière. Images noir et blanc d’un pianiste et de deux violonistes en mini-concert. Le temps passe, le ¾ Umatic fait son apparition. Je transfère la séquence dans ce nouveau format. Les années s’écoulent...

À la fin des années soixante-dix, au centre Vaucresson mûrissait déjà l’idée de réaliser des documents audiovisuels retraçant l’histoire des institutions « historiques » de l’Éducation surveillée ; dans ce projet : Brécourt. Béatrice Koeppel chercheuse au Centre de Recherche Interdisciplinaire de Vaucresson, avait travaillé sur la prise en charge des filles. Véronique Blanchard, éducatrice à la PJJ, débutait recherches et travaux en vue d’une thèse dans ce champ. Madame Pierre, enseignante technique à Brécourt, avait gardé contact avec une ancienne élève – aujourd’hui esthéticienne –, qui était d’accord pour participer à cette réalisation si on ne voyait pas entièrement son visage. Plus la caméra sans pied filmait, plus elle se tournait vers moi.

Le violoniste qui venait de perdre sa sœur, enleva ses gants, et prit son instrument.

Michel Basdevant, le 26 octobre 2015

 

Crédits au générique :
- CNRS Audiovisuel
- Association pour l'histoire de l'éducation surveillée et de la protection judiciaire des mineurs
- Jacques Bourquin

Pour aller plus loin :
-
L'IPES (Institut public d'éducation surveillée) de Brécourt fut l'unique établissement d'accueil de jeunes filles de 1947 à la fin des années soixante. Pour en savoir plus, voir la fiche monographique sur le site Enfants en justice.
- Voir également les ressources proposées par le portail de la médiathèque de l'EN-PJJ (photographies de Jean Suquet)

Mots-clés
Brécourt Menuhin (Yehudi) Les Lilas Riehl (Dominique) Bourquin (Jacques) internats institutions publiques d'Éducation surveillée (IPES)