Expositions

Affaires

L’affaire. Lurs, 4 août 1952

2. La découverte des crimes

Plan du chapitre

La famille Drummond

Fête de la lavande et gala taurin

L’enquête a montré que, avant de venir camper à Lurs, la famille Drummond avait assisté au Corso de Digne et, en particulier, le 4 août à partir de 16 heures au gala taurin sur les arènes provisoirement installées sur la grande place de Digne, la place du Tampinet. Le Corso a débuté le 3 août avec en journée des groupes musicaux et le soir « La Nuit des Vedettes », avec Line Renaud, Pierre Dac, Francis Blanche et leur troupe. Le 4 débuta par un concert puis une grande course cycliste avant le gala taurin et, le soir, la sortie de nuit du Corso de la lavande et un bal populaire. Les spectateurs du gala taurin ont pu voir un « combat à la portugaise », une « course provençale à la cocarde et glands », un « tournoi de toro-ball » mené par deux équipes bas-alpines (un taureau « trouble-fête » déambule au milieu de 12 joueurs) et, enfin, « un toro emboulé pour les amateurs » (La Marseillaise, 4 août 1952). Plusieurs milliers de spectateurs ont assisté au spectacle taurin.

4 août 1952. La nuit fatale

Le soir du 4 août 1952, Jack et Ann Drummond décident de camper avec leur fille Elizabeth au bord de la nationale 96 sur la commune de Lurs. Ils sont assassinés dans la nuit du 4 au 5 août. On présente ici un des clichés pris au tout début de l’enquête. Un autre cliché du même fonds Clergue-Heyriès montre des journalistes et des photographes interviewant, tout en marchant, les autorités présentes sur les lieux.

La famille Drummond dans la presse

Immédiatement, la presse anglaise fait état de l’assassinat de la famille Drummond ; sir Jack Drummond était en effet une personnalité : « famous food scientist who planned Britain’s war-time diet » (« célèbre scientifique de l’alimentation qui a planifié le régime alimentaire britannique durant la guerre »). Le lendemain 6 août, le Daily Mail publie à sa une trois photographies des victimes tandis que le Daily Telegraph publie à la sienne une photographie familiale où l’on voit Elizabeth assise sur les genoux de son père, tenant la main de sa mère et, de l’autre, des jouets. Cette photographie illustre l’article de l’envoyé spécial de ce dernier quotidien britannique, dans lequel il évoque le lieu et les circonstances du crime : une carte permet de situer précisément Lurs, entre Avignon, Marseilles (sic), Toulon et Nice.

Ce cliché, pris lors de cette reconstitution organisée par le juge Peyriès, est une mise en abîme peut-être involontaire : un photographe photographie la reconstitution du crime en même temps qu’un autre photographe placé au premier plan. Quelles que furent les intentions du photographe, son cliché montre la présence prégnante des photographes de presse.