Briques du bagne guyanais
- Auteur(s)
- Anonyme
- Année de publication
- None
- Lieu de publication
- s.l.
- Éditeur
- s.e.
- Nombre de pages
- 6
- Source
- ENAP/CRHCP
- Cote
- N°14.500...
- Numérisé par
- Mathieu Monceaux
- Observations
-
Le fonds comprend une vingtaine de briques provenant des bagnes guyanais et marquées par l'administration pénitentiaire, parfois avec la précision du camp où la briqueterie les produisait. Les terres argileuses, nombreuses en Guyane, rendait la production aisée, d'autant plus que la main-d'œuvre était captive et non rémunérée. À partir de l'instauration du bagne, l'architecture des maisons des personnels pénitentiaires et des dépendances, ainsi que celle des édifices servant à l'administration pénitentiaire repose sur l'utilisation principale de la brique. En effet, dans l'objectif de doubler la peine d'exil hors de la métropole par le travail forcé, l'administration pénitentiaire fait travailler les individus dont elle a directement la charge, condamnés en cours de peine et libérés interdits de quitter le territoire guyanais. L'historienne Marine Coquet précise ainsi : "Elle [l'administration pénitentiaire] est donc propriétaire de plusieurs briqueteries pour les travaux de construction et de rénovation de la ville, une usine à sucre pour la production du tafia ou encore divers chantiers forestiers itinérants pour l’exploitation des bois, des carrières et pour le défrichage de la forêt." (Marine Coquet, « Totalisation carcérale en terre coloniale : la carcéralisation à Saint-Laurent-du-Maroni (XIXe-XXe siècles) », [En ligne], 90 | été 2013, mis en ligne le 15 octobre 2014, consulté le 18 juillet 2024. URL : http://journals.openedition.org/conflits/18725 ; DOI : https://doi.org/10.4000/conflits.18725) Le défrichage était notamment très important pour fournir en bois les briqueterie, au nombre d'une quarantaine existant à partir de 1750 et jusqu'en 1990. Ce matériau est en effet bien adapté au climat chaud et humide de la région, permettant de maintenir des températures modérées dans les édifices. Saint-Laurent-du-Maroni, "commune pénitentiaire" est encore marquée par la présence de ce matériau façonné par les bagnards. La brique est un matériau qui a donc logiquement suscité les faveurs de l'administration pénitentiaire car, outre ses qualités climatiques, elle est facile à fabriquer et ne demande pas de main-d'œuvre particulièrement qualifiée, ni pour la collecte de la matière première, ni pour la fabrication et la mise en forme, ni pour le séchage et la cuisson. Le matériau idéal donc, qui devient la base de l'édification du système pénitentiaire en Guyane : par exemple, la briqueterie du camp des Hattes, à l'embouchure du fleuve Maroni qui forme l'actuelle frontière ouest de la Guyane avec le Surinam, est maintenue alors que ce bagne est rapidement inutilisé après son aménagement (1858-1868) (Kristen Sarge, Arnauld Heuret, Emmanuel Boutinard, Laurent Casanova, "Briques et briqueteries de Guyane : de la documentation patrimoniale aux enjeux du développement durable", Géologues n° 206, dossier Les ressources des Guyanes, 2020 ; Thierry Vincent, « Les briques fabriquées en Guyane française par les bagnards. Un exemple d'enrichissement récent des collections du Muséum d'histoire naturelle du Havre », Haute-Normandie archéologique, 2008, vol. 13, fasc. 2, p. 7-17.). Ce sont des centaines de milliers de briques qui sont alors produites sous l'autorité de l'administration pénitentiaire : si aujourd'hui certaines forment encore de nombreux édifices en Guyane, celles qui se trouvent sur des sites abandonnés sont régulièrement la proie de vols. La reconnaissance patrimoniale internationale, auprès de l'UNESCO, et une meilleure connaissance des bagne, grâce à l'archéologie notamment, permettraient sous doute de mieux assurer la conservation in situ des éléments architecturaux des camps, évitant leur transfert aux mains de particuliers (Arnauld Heuret, Daniel Gimenez, Jean-Lucien Sanchez et Christophe Sand, « Pour une inscription des bagnes de Guyane et de Nouvelle-Calédonie à la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco », In Situ [En ligne], 48 | 2022, mis en ligne le 01 septembre 2022, consulté le 18 juillet 2024. URL : http://journals.openedition.org/insitu/36185 ; DOI : https://doi.org/10.4000/insitu.36185 ; Nicolas Payraud, Sandrine Delpech et Mickaël Mestre, « L’archéologie des bagnes en Guyane, un domaine de recherche encore balbutiant », Les nouvelles de l'archéologie [En ligne], 143 | 2016, mis en ligne le 12 mai 2016, consulté le 26 avril 2023. URL : http://journals.openedition.org/nda/3367 ; DOI : https://doi.org/10.4000/nda.3367).
Matériau : Terre cuite
État : Moyen (fissures et effritements)- Numéro d'inventaire : 14.500
Précisions des inscriptions : "AP Saint Laurent" au centre
Dimensions : Hauteur : 10,5 cm ; longueur : 21,6 cm ; épaisseur : 4,7 cm
- Numéro d'inventaire : 14.503
Précisions des inscriptions : "A P" au centre d'un cartouche en relief et une inscription manuscrite "île st Joseph quartier réclusion" au crayon bleu lisible
Dimensions : Hauteur : 10,6 cm ; longueur : 21,5 cm ; épaisseur : 5,7 cm
- Numéro d'inventaire : 14.506
Précisions des inscriptions : "AP" au centre et trèfle à trois feuilles à gauche
Dimensions : Hauteur : 10 cm ; longueur : 21 cm ; épaisseur : 4 cm
- Numéro d'inventaire : 14.507
Précisions des inscriptions : "AP" au centre
Dimensions : Hauteur : 10,5 cm ; longueur : 21,5 cm ; épaisseur : 4,7 cm
- Numéro d'inventaire : 14.508
Précisions des inscriptions : "AP Les Hattes" au centre d'un cartouche en relief
Dimensions : Hauteur : 11,2 cm ; longueur : 22 cm ; épaisseur : 4,8 cm
- Numéro d'inventaire : 15.016
Précisions des inscriptions : "AP Saint-Jean" au centre
Dimensions : Hauteur : 11,6 cm ; longueur : 23,2 cm ; épaisseur : 5,7 cmProvenance : bagnes de Guyane (Transfert MNP Fontainebleau, 2013-2014).
Datation : Seconde moitié du XIXe siècle - première moitié du XXe siècle.
Rédaction de la notice : Elsa Besson - Mots-clés
- Guyane – Les Hattes – Saint-Jean-du-Maroni – Saint-Laurent-du-Maroni – architecture – bagne
- Facsimilé complet
- CRHCP_14_500_criminocorpus.pdf (12,9 Mio)
