8. Le développement international d'une police d'identification

Plan du chapitre

Les prémices d’Interpol

La méthode anthropométrique, développée initialement à Paris par Alphonse Bertillon à partir des années 1880, suscite un très grand intérêt à l’étranger où le service de l’Identité judiciaire qu’il dirige s’impose comme un « modèle » dont de très nombreuses polices s’inspirent. 

 

En quelques années, cette méthode se répand en Europe (Italie, Suisse, Grande-Bretagne, Roumanie, Allemagne, etc.) et dans le monde entier (Chili, Égypte, États-Unis, etc.).

Dans tous ces pays, des « experts » en identité judiciaire importent les savoirs, les techniques et les instruments promus par Bertillon qu’ils considèrent comme universels. Responsables de nouveaux laboratoires de police, ils viennent aussi à Paris pour rencontrer Bertillon ou entretiennent parfois une correspondance avec lui.

Au cœur de ce réseau de savants-policiers, une forme de compétition apparaît également car chaque pays adapte d’une manière particulière le bertillonnage ou de nouvelles technologies concurrentes : formats et contenus des fiches, méthodes de classement, techniques d’analyse des indices sont discutés et comparés dans des revues spécialisées et dans des congrès d’anthropologie criminelle, de droit pénal ou de sciences pénitentiaires.

Dans ces lieux d’échanges, l’idée d’une unification internationale des modalités policières d’identification voit le jour au cours des années 1890. Une proposition dans ce sens est par exemple formulée durant la Conférence internationale pour la défense sociale contre les anarchistes qui est organisée à Rome en 1898.

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Albert Dastre, « Des empreintes digitales comme procédé d’identification. Rapport présenté à l’Académie des Sciences (séance du 1er juillet 1907) au nom de la commission nommée par l’Académie », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 22, 1907, pp. 842-861.
Source : Criminocorpus

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Albert Dastre, « Des empreintes digitales comme procédé d’identification. Rapport présenté à l’Académie des Sciences (séance du 1er juillet 1907) au nom de la commission nommée par l’Académie », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 22, 1907, pp. 842-861.
Source : Criminocorpus

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Albert Dastre, « Des empreintes digitales comme procédé d’identification. Rapport présenté à l’Académie des Sciences (séance du 1er juillet 1907) au nom de la commission nommée par l’Académie », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 22, 1907, pp. 842-861.
Source : Criminocorpus

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Albert Dastre, « Des empreintes digitales comme procédé d’identification. Rapport présenté à l’Académie des Sciences (séance du 1er juillet 1907) au nom de la commission nommée par l’Académie », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 22, 1907, pp. 842-861.
Source : Criminocorpus

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Albert Dastre, « Des empreintes digitales comme procédé d’identification. Rapport présenté à l’Académie des Sciences (séance du 1er juillet 1907) au nom de la commission nommée par l’Académie », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 22, 1907, pp. 842-861.
Source : Criminocorpus

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Albert Dastre, « Des empreintes digitales comme procédé d’identification. Rapport présenté à l’Académie des Sciences (séance du 1er juillet 1907) au nom de la commission nommée par l’Académie », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 22, 1907, pp. 842-861.
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Albert Dastre, « Des empreintes digitales comme procédé d’identification. Rapport présenté à l’Académie des Sciences (séance du 1er juillet 1907) au nom de la commission nommée par l’Académie », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 22, 1907, pp. 842-861.
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Albert Dastre, « Des empreintes digitales comme procédé d’identification. Rapport présenté à l’Académie des Sciences (séance du 1er juillet 1907) au nom de la commission nommée par l’Académie », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 22, 1907, pp. 842-861.
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Albert Dastre, « Des empreintes digitales comme procédé d’identification. Rapport présenté à l’Académie des Sciences (séance du 1er juillet 1907) au nom de la commission nommée par l’Académie », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 22, 1907, pp. 842-861.
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Albert Dastre, « Des empreintes digitales comme procédé d’identification. Rapport présenté à l’Académie des Sciences (séance du 1er juillet 1907) au nom de la commission nommée par l’Académie », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 22, 1907, pp. 842-861.
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Albert Dastre, « Des empreintes digitales comme procédé d’identification. Rapport présenté à l’Académie des Sciences (séance du 1er juillet 1907) au nom de la commission nommée par l’Académie », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 22, 1907, pp. 842-861.
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Albert Dastre, « Des empreintes digitales comme procédé d’identification. Rapport présenté à l’Académie des Sciences (séance du 1er juillet 1907) au nom de la commission nommée par l’Académie », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 22, 1907, pp. 842-861.
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Albert Dastre, « Des empreintes digitales comme procédé d’identification. Rapport présenté à l’Académie des Sciences (séance du 1er juillet 1907) au nom de la commission nommée par l’Académie », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 22, 1907, pp. 842-861.
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Albert Dastre, « Des empreintes digitales comme procédé d’identification. Rapport présenté à l’Académie des Sciences (séance du 1er juillet 1907) au nom de la commission nommée par l’Académie », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 22, 1907, pp. 842-861.
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Albert Dastre, « Des empreintes digitales comme procédé d’identification. Rapport présenté à l’Académie des Sciences (séance du 1er juillet 1907) au nom de la commission nommée par l’Académie », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 22, 1907, pp. 842-861.
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Albert Dastre, « Des empreintes digitales comme procédé d’identification. Rapport présenté à l’Académie des Sciences (séance du 1er juillet 1907) au nom de la commission nommée par l’Académie », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 22, 1907, pp. 842-861.
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Albert Dastre, « Des empreintes digitales comme procédé d’identification. Rapport présenté à l’Académie des Sciences (séance du 1er juillet 1907) au nom de la commission nommée par l’Académie », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 22, 1907, pp. 842-861.
Source : Criminocorpus

L’approfondissement des savoirs sur les empreintes digitales qui résulte en particulier des travaux menés en Grande Bretagne par Francis Galton, en Argentine par Juan Vucetich, en Allemagne par Gustav Roscher et Otto Klatt, en Italie par Giovanni Gasti ou encore au Danemark par Hakon Jörgensen, conduit progressivement à l’abandon de l’anthropométrie comme méthode unique de classement des fiches policières d’identification.

 

L’essor des connaissances dans le domaine de la dactyloscopie entraîne initialement une forme d’antagonisme entre les deux systèmes. Mais une majorité d’experts s’accorde rapidement à reconnaître, y compris en France, la dactyloscopie comme plus efficace, moins contraignante et surtout moins coûteuse que l’anthropométrie judiciaire.

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Séverin Icard, « La fiche-numéro et le registre digital. Modifications apportées à la méthode et réponse à quelques objections », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 24, 1909, pp. 321-335.
Source : Criminocorpus

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Séverin Icard, « La fiche-numéro et le registre digital. Modifications apportées à la méthode et réponse à quelques objections », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 24, 1909, pp. 321-335.
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Séverin Icard, « La fiche-numéro et le registre digital. Modifications apportées à la méthode et réponse à quelques objections », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 24, 1909, pp. 321-335.
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Séverin Icard, « La fiche-numéro et le registre digital. Modifications apportées à la méthode et réponse à quelques objections », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 24, 1909, pp. 321-335.
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Séverin Icard, « La fiche-numéro et le registre digital. Modifications apportées à la méthode et réponse à quelques objections », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 24, 1909, pp. 321-335.
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Séverin Icard, « La fiche-numéro et le registre digital. Modifications apportées à la méthode et réponse à quelques objections », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 24, 1909, pp. 321-335.
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Séverin Icard, « La fiche-numéro et le registre digital. Modifications apportées à la méthode et réponse à quelques objections », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 24, 1909, pp. 321-335.
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Séverin Icard, « La fiche-numéro et le registre digital. Modifications apportées à la méthode et réponse à quelques objections », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 24, 1909, pp. 321-335.
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Séverin Icard, « La fiche-numéro et le registre digital. Modifications apportées à la méthode et réponse à quelques objections », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 24, 1909, pp. 321-335.
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Séverin Icard, « La fiche-numéro et le registre digital. Modifications apportées à la méthode et réponse à quelques objections », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 24, 1909, pp. 321-335.
Source : Criminocorpus

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Séverin Icard, « La fiche-numéro et le registre digital. Modifications apportées à la méthode et réponse à quelques objections », Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie et psychologie normale et pathologique, tome 24, 1909, pp. 321-335.
Source : Criminocorpus

Des divergences existent toutefois à d’autres niveaux, comme le souligne Edmond Locard dès 1906 qui évoque une « tour de Babel » de l’identification. En effet, chaque pays s’est doté de techniques propres dans tous les domaines de l’identité judiciaire. Des dizaines de méthodes de classement des empreintes, autant de modalités d’établissement du signalement, des lexiques différents, des types distincts de photographie judiciaire sont répertoriés en 1909 par cet auteur dans la première enquête consacrée à L’identification des récidivistes à travers le monde.

 

Cette hétérogénéité a pour conséquence de rendre les divers dispositifs institués difficilement compatibles et de compromettre la mise en œuvre d’une coopération policière à l’échelle internationale. L’idée de favoriser un échange constant et efficace des données à ce niveau s’impose alors pourtant peu à peu.

Elle est défendue par un nombre croissant d’experts, au nom de nouveaux impératifs de sécurité qui désignent spécifiquement certaines catégories criminelles comme les voleurs dits « cosmopolites », les trafiquants internationaux ou encore les populations tsiganes. Paradoxalement, le protectionnisme national et la sécurisation des frontières, en particulier afin de pouvoir mieux contrôler les étrangers, suscite dans les années 1910 un rapprochement inédit des experts en identification.

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Premier Congrès de police judiciaire internationale. Avant programme, principauté de Monaco, 14-20 avril 1914.
Source : BnF / Gallica

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Premier Congrès de police judiciaire internationale. Avant programme, principauté de Monaco, 14-20 avril 1914.
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Premier Congrès de police judiciaire internationale. Avant programme, principauté de Monaco, 14-20 avril 1914.
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Premier Congrès de police judiciaire internationale. Avant programme, principauté de Monaco, 14-20 avril 1914.
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Premier Congrès de police judiciaire internationale. Avant programme, principauté de Monaco, 14-20 avril 1914.
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Premier Congrès de police judiciaire internationale. Avant programme, principauté de Monaco, 14-20 avril 1914.
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Premier Congrès de police judiciaire internationale. Avant programme, principauté de Monaco, 14-20 avril 1914.
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Premier Congrès de police judiciaire internationale. Avant programme, principauté de Monaco, 14-20 avril 1914.
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Premier Congrès de police judiciaire internationale. Avant programme, principauté de Monaco, 14-20 avril 1914.
Source : BnF / Gallica

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Premier Congrès de police judiciaire internationale. Avant programme, principauté de Monaco, 14-20 avril 1914.
Source : BnF / Gallica

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Premier Congrès de police judiciaire internationale. Avant programme, principauté de Monaco, 14-20 avril 1914.
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Premier Congrès de police judiciaire internationale. Avant programme, principauté de Monaco, 14-20 avril 1914.
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Premier Congrès de police judiciaire internationale. Avant programme, principauté de Monaco, 14-20 avril 1914.
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Premier Congrès de police judiciaire internationale. Avant programme, principauté de Monaco, 14-20 avril 1914.
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Premier Congrès de police judiciaire internationale. Avant programme, principauté de Monaco, 14-20 avril 1914.
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Premier Congrès de police judiciaire internationale. Avant programme, principauté de Monaco, 14-20 avril 1914.
Source : BnF / Gallica

Ainsi, des propositions concrètes sont formulées lors du premier Congrès de police judiciaire internationale organisé à Monaco en avril 1914, et un projet d’Office central d’identification est discuté en France avant que la Première Guerre mondiale ne mette fin au rêve d’une police universelle des identités.